Sénatoriales : Carole Bergeri dévoile sa liste « Du terrain au Sénat »

À deux semaines des élections sénatoriales du 27 septembre, Carole Bergeri a officiellement présenté, à Marguerittes, les cinq candidats de sa liste divers gauche baptisée « Du terrain au Sénat ». Une équipe qu’elle veut représentative des territoires, de la ruralité, de la société civile et d’une nouvelle génération d’élus, avec une ligne directrice : faire remonter au Palais du Luxembourg les préoccupations concrètes des communes et des élus gardois.
Âgée de 49 ans, enseignante de français et d’histoire-géographie dans un lycée professionnel à Alès, Carole Bergeri est originaire de Saint-Marcel-de-Careiret, où elle a grandi dans une famille d’agriculteurs. C’est également dans cette commune qu’elle a débuté son engagement politique à l’âge de 30 ans, d’abord comme adjointe avant d’en devenir maire. Un mandat qu’elle a exercé jusqu’en mars 2026.
« Saint-Marcel, c’est là où tout a commencé pour moi », rappelle celle qui dit avoir souhaité, après plusieurs mandats municipaux, « passer la main pour que le village vive autre chose et pour vivre moi-même d’autres choses ».
En 2015, elle est élue conseillère départementale aux côtés de Christophe Serre sur le canton de Pont-Saint-Esprit. Elle occupe aujourd’hui notamment les fonctions de questeur du Conseil départemental et de première vice-présidente du SDIS du Gard.
Une ambition sénatoriale assumée depuis plusieurs années
La candidature de Carole Bergeri au Sénat ne constitue pas une surprise. En 2014, elle figurait déjà sur la liste conduite par Simon Sutour, puis en 2020 sur celle de Denis Bouad. « Il ne m’a manqué que quelques voix pour être sénatrice », rappelle-t-elle.
Depuis, l’élue affirme n’avoir jamais caché son ambition. Son passage en 2023 par l’Institut du Sénat lui a également permis de poursuivre sa préparation et de mieux appréhender le fonctionnement de la Haute Assemblée.
Pour cette nouvelle échéance, elle a choisi de conduire sa propre liste, qu’elle revendique comme non partisane malgré son ancrage divers gauche, avec le soutien annoncé localement de Place publique.
« Je me suis laissé le temps de construire les choses. J’ai préféré faire campagne, rencontrer les élus, puis présenter la liste. Chacun a sa stratégie », explique-t-elle. « Il y a eu des coups de téléphone, des pressions peut-être, parce que ma candidature dérange. Mais aujourd’hui la liste est déposée et nous traçons notre route. »
Benoît Trichot, Manon Osthues, Alexandre Vigne et Magali Jarque Cordes
En deuxième position figure Benoît Trichot, maire de Montclus, vice-président de la Communauté d’agglomération du Gard rhodanien en charge notamment du tourisme et président de la Commission locale de l’eau.
Fils de viticulteur, il met particulièrement en avant les enjeux liés à la ressource en eau, à la pollution, au développement économique et au tourisme.
« À travers mes mandats, je vois les problématiques de qualité et de quantité de l’eau. Selon les secteurs, les problématiques ne sont pas les mêmes, mais elles vont devenir de plus en plus importantes », souligne-t-il. Il défend également le tourisme comme « un levier économique essentiel » permettant aux habitants de vivre et de travailler sur leur territoire.
Manon Osthues, installée à Villeneuve-lez-Avignon et cofondatrice d’une association citoyenne, représente le regard de la société civile et d’une génération plus jeune. Elle entend notamment porter les sujets liés à l’adaptation au changement climatique.
« Quand on parle d’écologie, il faut parler de ce que nous vivons : les fortes chaleurs, les canicules et les sécheresses sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses », insiste-t-elle.
Elle souhaite notamment repenser l’aménagement urbain, les cours d’école, les Ehpad, les équipements sportifs ou encore les bâtiments administratifs afin de mieux les adapter aux fortes chaleurs. Pour elle, l’adaptation climatique constitue également un enjeu économique : « Un centre-ville trop chaud et qui n’est plus adapté finit par ne plus être fréquenté. »
En quatrième position, Alexandre Vigne, psychologue clinicien à la retraite, a été élu pendant douze ans à Lanuéjols, dont maire entre 2020 et 2026. Il a également occupé les fonctions de premier vice-président de la communauté de communes Causses Aigoual Cévennes.
Se définissant comme « de gauche mais non encarté », il partage avec Carole Bergeri « un même sens de la liberté et de l’autonomie ». Très engagé sur les questions environnementales et rurales, il cite notamment la mise en place d’un climatographe à l’observatoire du mont Aigoual.
« Il est important d’avoir une femme de gauche, jeune, dynamique, avec la volonté de travailler et d’être au contact du territoire », estime-t-il.
La liste est complétée par Magali Jarque Cordes, issue d’une famille d’agriculteurs et de viticulteurs du Minervois. Elle rappelle l’histoire de son père, ardent défenseur de la viticulture, auteur d’un ouvrage consacré aux grandes révoltes viticoles du début du XXe siècle.
Elle-même a vécu pendant trente ans sur une exploitation agricole et connu les aléas qui accompagnent cette activité : gel, tempêtes, neige ou encore inondations. « Aujourd’hui, il faut aussi faire face au réchauffement climatique, à la pollution des sols et au manque d’eau », explique-t-elle.

« Redonner de l’air aux communes »
Depuis plusieurs mois, Carole Bergeri sillonne le département à la rencontre des maires et des grands électeurs. Elle estime avoir déjà rencontré les représentants d’environ la moitié des communes gardoises.
De ces échanges, plusieurs priorités ont émergé. La première : « redonner de l’air aux communes ».
« Les élus locaux doivent retrouver leur liberté d’agir et d’avancer. Il faut revoir un certain nombre de normes et de portés à connaissance. Quand on met toutes les réglementations bout à bout, on arrive parfois à une situation où l’on ne peut plus rien faire », estime la candidate.
Elle défend une simplification législative et réglementaire : « Nous voulons faire remonter au niveau national ce que nous vivons sur le terrain. On a empilé les lois et les normes. Il faut revenir à davantage de bon sens. »
Pour la candidate, les investissements des collectivités sont également indispensables à l’économie locale. « Si les collectivités n’investissent plus, il y aura un problème économique derrière », prévient-elle.
Incendies : « Allons-nous regarder le Gard brûler ? »
Les risques naturels occupent également une place majeure dans le programme de la liste. Alexandre Vigne a notamment insisté sur le risque incendie qui touche désormais une grande partie du Gard.
« Allons-nous regarder le Gard brûler ? Nous l’avons vu en 2022 et encore cet été. Dans les Cévennes comme dans les garrigues, certaines communes rurales sont entourées de forêts et parfois accessibles par une seule route. Le risque de drame est réel », alerte-t-il.
Il réclame un renforcement des moyens aériens, notamment des Canadair et des hélicoptères bombardiers d’eau, mais également davantage de moyens consacrés à la prévention, au débroussaillement et aux obligations légales de débroussaillement.
Le développement du pastoralisme est également évoqué comme un outil permettant de mieux entretenir certains espaces et de réduire les risques.
« Quand ça brûle, c’est déjà trop tard », rappelle Alexandre Vigne, qui défend aussi un important travail de pédagogie pour lutter contre les comportements à risque.
Carole Bergeri partage ce constat : « Nous sommes capables de travailler sur le curatif, mais il reste beaucoup à faire sur la prévention. »
Eau et agriculture au cœur des préoccupations
Autre sujet central : la gestion de la ressource en eau. Benoît Trichot estime que les tensions seront de plus en plus fortes dans les prochaines années.
« Certains territoires auront des problèmes de qualité, d’autres de quantité. Nous allons devoir nous parler et travailler ensemble », explique celui qui préside la Commission locale de l’eau.
La liste évoque notamment la nécessité de réfléchir à la conservation d’une partie de l’eau lors des épisodes de fortes précipitations, avec la création éventuelle de retenues adaptées aux territoires.
L’agriculture constitue l’autre grand volet de cette réflexion. Magali Jarque Cordes rappelle que la recherche travaille déjà sur des cépages davantage résistants à la chaleur et que certaines cultures devront être adaptées aux ressources disponibles.
Elle défend aussi des expérimentations locales, comme la possibilité pour certaines collectivités d’employer des agriculteurs afin de produire directement une partie des denrées destinées aux cantines.
« Les conditions du maraîchage ont évolué. De nouveaux parasites apparaissent et il faut continuellement s’adapter », souligne-t-elle.
Emploi et formation : « Cela ne va pas assez vite »
Carole Bergeri veut également travailler sur le lien entre formation et emploi, notamment dans les bassins industriels.
Enseignante en lycée professionnel, elle estime constater directement les difficultés rencontrées par les jeunes. « Beaucoup ne trouvent pas d’emploi et les formations proposées ne correspondent pas toujours aux besoins du territoire », explique-t-elle.
Elle cite notamment le Gard rhodanien et ses importantes zones industrielles. « Il faut plusieurs années pour déployer une formation alors que les entreprises ont besoin de compétences immédiatement. Il faut réussir à aller beaucoup plus vite. »
L’objectif affiché est de permettre aux jeunes de se former puis de rester vivre et travailler dans le Gard.
Une candidature qui assume de bousculer les équilibres à gauche
La présence de cette nouvelle liste à gauche intervient alors que les élections sénatoriales gardoises pourraient être particulièrement disputées.
Carole Bergeri assume son choix malgré les critiques sur une éventuelle dispersion des voix. « Le risque d’élection d’une sénatrice du Rassemblement national n’est pas nouveau. Cela fait plusieurs mandats que cette progression existe. Si les vieilles recettes fonctionnaient, le RN ne ferait pas les scores qu’il fait aujourd’hui », répond-elle.
« On ne combat pas le RN avec des stratégies », complète Alexandre Vigne. « Il y a de la place pour que chacun puisse se positionner démocratiquement. »
Carole Bergeri refuse ainsi l’idée de se présenter « contre » une autre candidature de gauche : « Je ne me présente pas contre quelqu’un, je propose une alternative aux grands électeurs. »
Elle revendique une « nouvelle façon de faire de la politique à gauche », plus ouverte aux non-encartés et à la société civile, tout en intégrant pleinement les enjeux écologiques. « On ne peut plus faire sans l’écologie. Nous sommes tous écologistes à notre niveau, même sans avoir une carte chez les Écologistes », estime-t-elle.
Christophe Serre : « Je travaille pour que nous ayons deux sénateurs de gauche »
Présent lors de cette présentation, Christophe Serre a renouvelé son soutien à sa binôme au Conseil départemental.
« Je suis fidèle en amitié. Carole est devenue une amie et c’est ma binôme sur le canton de Pont-Saint-Esprit. Je ne vois pas comment je pourrais ne pas la soutenir », affirme-t-il.
Il assure avoir fait connaître clairement sa position à Denis Bouad et indique travailler avec un objectif : « que nous ayons deux sénateurs de gauche ».
Le président de l’Agglomération du Gard rhodanien met notamment en avant le travail de Carole Bergeri sur les contrats territoriaux et son accompagnement des communes.
« Être un relais efficace du territoire »
À quinze jours du scrutin, Carole Bergeri résume finalement sa candidature autour d’un principe : la proximité.
« Nous sommes capables de relayer les attentes des élus et de défendre les intérêts du Gard au Sénat. Un maire ne doit pas se retrouver seul face à ses problématiques. Je veux mettre mon expérience à leur service », affirme-t-elle.
Elle insiste également sur le renouvellement : « J’ai envie de faire confiance à la jeunesse comme on m’a fait confiance lorsque j’ai commencé. »
Sa liste a ainsi été construite afin d’équilibrer les profils et les thématiques : ruralité, agriculture, eau, risques naturels, économie, formation, tourisme, écologie et société civile.
« J’ai aussi beaucoup appris des élus que j’ai rencontrés. C’est cela qui doit nourrir le travail d’un parlementaire », conclut Carole Bergeri. « Le 27 septembre, les grands électeurs seront seuls dans l’isoloir. Nous leur proposons de faire le choix du renouveau, du dynamisme et d’une équipe engagée pour porter la voix des élus et des Gardois. »
La liste « Du terrain au Sénat »
- Carole Bergeri, maire honoraire de Saint-Marcel-de-Careiret, conseillère départementale du canton de Pont-Saint-Esprit et questeur du Conseil départemental du Gard
- Benoît Trichot, maire de Montclus
- Manon Osthues, Villeneuve-lez-Avignon, issue de la société civile
- Alexandre Vigne, ancien maire de Lanuéjols
- Magali Jarque Cordes, issue du monde agricole et viticole



