Christophe Rivenq : « J’ai toujours été un serviteur. Aujourd’hui, je suis là pour servir les Alésiens »

Depuis le 15 mars dernier, Christophe Rivenq est officiellement maire d’Alès, succédant à Max Roustan, figure politique locale incontournable. L’occasion pour le nouveau premier magistrat de la ville de dresser son portrait, d’évoquer son parcours, sa vision, et ses priorités pour Alès et son agglomération.
TV SUD Magazine : vous succédez à Max Roustan après trente ans de mandat. Comment perpétuer son héritage tout en imprimant votre propre marque ?
Christophe Rivenq : Max Roustan et moi, on a une longue histoire. Trente-deux ans de travail côte à côte, ce n’est pas rien. Je ne suis pas seulement l’héritier de ce qu’on appelle ici le « Roustanisme », j’en suis un co-auteur. On partageait une vision : l’amour du territoire, la volonté de le développer, de le défendre. Évidemment, nos personnalités sont différentes, mais c’est aussi ce qui faisait la force de notre duo.
Je m’inscris dans cette continuité, parce que j’ai moi-même contribué à dessiner tous les projets de la ville et de l’agglomération. Mais ma touche, ce sera peut-être une ouverture plus large, une meilleure connaissance des enjeux extérieurs. Alès doit continuer à regarder vers l’avenir, avec ses spécificités, sans renier ce qu’elle est.
TV SUD Magazine : le passage de relais était attendu. Qu’est-ce qui va changer pour les Alésiens ? Et qu’est-ce qui ne changera pas ?
Christophe Rivenq : Ce qui ne changera pas, c’est l’ambition. L’ambition de faire rayonner Alès, de continuer à investir dans le développement, dans la culture, dans les équipements publics. La rigueur de gestion aussi : on ne change pas une équipe qui fonctionne.
Mais on doit aussi vivre avec son temps. Le monde évolue, parfois pas dans le bon sens, et notre rôle est de rester vigilants, de résister aux dérives quand elles ne correspondent pas aux attentes des habitants. Je suis très attaché à cette proximité, à cette échelle humaine qui fait d’Alès une ville à taille humaine, justement.
TV SUD Magazine : Votre parcours personnel vous a mené de la banlieue parisienne à Madagascar, en passant par l’armée. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?
Christophe Rivenq : c’est essentiel. J’ai eu une jeunesse marquée par la diversité, par des expériences fortes. À Madagascar, j’ai découvert une autre manière de vivre, une autre richesse humaine. À l’armée, j’étais aspirant au 22e régiment. J’ai côtoyé des jeunes de tous les horizons, certains en grande difficulté. Ça m’a forgé une vision du monde, une compréhension des inégalités sociales. Ce sont des moments fondateurs.
Je ne viens pas d’une famille politisée. Mon père était officier. J’ai choisi l’engagement, notamment auprès du RPR à l’époque, parce que je me suis toujours reconnu dans le gaullisme social. Ce mélange d’ordre, de mérite, mais aussi de solidarité.
TV SUD Magazine : comment gérez-vous les équipes municipales ? Quel est votre style de management ?
Christophe Rivenq : je crois à la co-construction, à la valorisation des talents. Ce n’est pas pour rien que beaucoup de collectivités copient aujourd’hui nos organisations à Alès Agglomération. On a inventé, innové, créé nos propres modèles.
Mon management est participatif, mais exigeant. J’ai toujours dit que j’étais un serviteur. Le service public, ce n’est pas un mot vide. C’est être au service des gens. Et à Alès, nous avons la chance d’avoir des agents extrêmement engagés.

TV SUD Magazine : quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent s’engager en politique ?
Christophe Rivenq : d’abord, de prendre le temps. L’expérience est irremplaçable. J’ai commencé tôt, mais j’ai appris. La politique, ce n’est pas une improvisation. On ne devient pas président d’un groupe industriel en sortant de l’école sans expérience. Il faut se confronter à la réalité, passer par les étapes, s’éprouver.
L’engagement, c’est aussi savoir écouter, apprendre des autres, et comprendre les responsabilités qu’on endosse.
TV SUD Magazine : le développement économique est un pilier à Alès. Quels sont les moteurs aujourd’hui, et les projets d’avenir ?
Christophe Rivenq : l’industrie est une de nos grandes fiertés. On a cru à l’industrie alors que tout le monde l’abandonnait. On a créé les conditions de sa relocalisation : bâtiments relais, zones d’activités, formation, écosystèmes.
Résultat : depuis 2016, le chômage baisse. Alès est devenu un territoire résilient, reconnu comme tel même au niveau national. On a aujourd’hui plus de 200 millions d’euros d’investissements industriels sur trois ans. Et des projets structurants comme celui des Prés-Saint-Jean, où des entreprises vont s’installer au cœur du quartier.
TV SUD Magazine : autre priorité : la transition écologique. Que fait Alès concrètement ?
Christophe Rivenq : depuis 1995, on a fait le choix de la reconquête environnementale. On a transformé l’image d’Alès-Nord en Alès-Vert. On est à la pointe sur la production d’énergies renouvelables, sur la mobilité douce, sur l’adaptation au changement climatique.
Mais toujours de manière pragmatique, sans dogmatisme. On accompagne les habitants, on ne les contraint pas. On croit à la pédagogie, à l’expérimentation, au soutien à l’initiative.
TV SUD Magazine : Alès reste une ville à taille humaine. Comment cette notion se traduit-elle dans les politiques d’aménagement ?
Christophe Rivenq : par la proximité, d’abord. Être un élu de terrain, visible, accessible. Ensuite, par les équipements de quartier, les services de proximité, les politiques culturelles et sportives qui touchent tous les habitants.
Et puis, il y a cette présence du service public à chaque étape de la vie. L’eau qu’on boit, l’école où on met ses enfants, le policier qu’on croise, l’agent qui nettoie la rue… À Alès, tout ça fonctionne parce qu’il y a une vraie organisation et une volonté politique.
TV SUD Magazine : vous avez récemment annoncé l’arrivée de 25 nouveaux médecins. Quelles sont les grandes lignes de votre politique de santé ?
Christophe Rivenq : la santé, c’est l’une des attentes majeures. Dès 2020, on a mis en place des États généraux de la santé. De là sont nées des initiatives concrètes : le centre de soins non programmés, la clinique pédiatrique…
Et à l’hôpital, les choses bougent : on va ouvrir des lits, renforcer les effectifs médicaux. On passe de 4 à 30 internes par promo, et si on en garde 10 %, c’est 12 nouveaux médecins par an.
TV SUD Magazine : les PFAS, ces polluants éternels, ont fait l’objet de débats. Quelle est votre position ?
Christophe Rivenq : on a pris le sujet à bras-le-corps. Dès 2022, j’ai demandé des analyses, avant même que la loi ne l’impose. Résultat : aucune ressource en eau d’Alès n’est concernée par les PFAS dans les seuils inquiétants.
Le seul traceur détecté, le TFA, est à des niveaux largement inférieurs aux seuils de référence. Et les études scientifiques ne montrent pas de danger réel à ces niveaux-là. Je crois à la rigueur, à la transparence, pas à l’alarmisme.
TV SUD Magazine : un mot sur la culture et le sport, qui sont très vivants à Alès ?

Christophe Rivenq : Alès est une ville culturelle. Avec plus de 600 événements par an, des infrastructures comme le Cratère ou le Pôle national des arts du cirque, des festivals, des artistes incroyables…
C’est un pilier de notre attractivité. En 2025, on maintient toutes les subventions culturelles. C’est un choix fort, même en période de tension budgétaire. La culture ne doit pas être la variable d’ajustement.
TV SUD Magazine : pour conclure, vous avez choisi deux derniers sujets : la sécurité et l’éducation.
Christophe Rivenq : la sécurité, on y a mis les moyens : près de 100 policiers municipaux, 200 caméras, des actions coordonnées avec la police nationale. C’est un vrai choix politique, et ça donne des résultats.
L’éducation, c’est la priorité absolue. On investit dans les écoles, dans les classes vertes, dans la science et la culture dès le plus jeune âge. Et on travaille à développer l’enseignement supérieur, en lien avec l’université de Nîmes, pour offrir plus de perspectives aux jeunes Alésiens.



