Commémoration du 8 juin à Bagnols-sur-Cèze : un hommage solennel aux morts pour la France en Indochine

En ce dimanche 8 juin 2025, la ville de Bagnols-sur-Cèze s’est réunie au pied du monument aux morts pour honorer la mémoire des soldats tombés pour la France en Indochine. Une cérémonie sobre et émouvante, marquée par la lecture de plusieurs discours et la transmission solennelle du drapeau de l’Union nationale des combattants.
La cérémonie a débuté avec la remise symbolique du drapeau de l’Union nationale des combattants (UNC) de Bagnols-sur-Cèze. Ce geste a été effectué par Gérard Guillaume, vice-président départemental de l’UNC, à sa fille Isabelle Guillaume. Pour la première fois, ce drapeau a été confié à une jeune femme porte-drapeau, un symbole fort salué par l’ensemble des élus présents.

La cérémonie s’est poursuivie par la lecture du message officiel de la secrétaire d’État chargée des Anciens combattants et de la Mémoire, Patricia Mirallès, lu par Claude Roux, conseiller municipal. Dans cette allocution nationale, il a été rappelé l’ampleur de l’engagement français en Extrême-Orient, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et le lourd tribut payé : plus de 47 000 soldats métropolitains, légionnaires, tirailleurs africains, et 28 000 supplétifs vietnamiens, cambodgiens et laotiens engagés dans le corps expéditionnaire français d’Indochine.
« Que leurs combats dans les conditions les plus rudes ne soient jamais oubliés, sur les mers, dans les airs, sur la terre… jusqu’au bout de l’enfer de Diên Biên Phu », a souligné le message. Il a également rendu hommage à l’engagement silencieux de ceux dont les témoignages, longtemps tus, ont permis de construire une mémoire nationale plus juste et plus complète.
Maxime Couston, premier adjoint au maire, a tenu à souligner l’importance de ce moment de mémoire. « Même si parfois nous ne sommes pas nombreux, c’est indispensable de se retrouver pour porter ensemble cette mémoire. À chaque discours, nous parlons de paix. Et aujourd’hui encore, alors que la guerre fait rage aux portes de l’Europe, ces cérémonies nous rappellent combien la paix est précieuse », a-t-il déclaré, évoquant les conflits actuels en Ukraine et au Proche-Orient.
Jean-Claude Mougenot, président de l’association des médaillés militaires, a livré un vibrant hommage à ceux qui ne sont jamais revenus. Il a rappelé que parmi les 40 000 soldats français faits prisonniers, 30 000 ne sont jamais revenus. Il a aussi évoqué les conditions inhumaines de détention imposées par les forces communistes nord-vietnamiennes : privations, maladies, rééducation forcée… avec un taux de mortalité atteignant parfois 90 % dans certains camps.
Enfin, Gérard Guillaume a lu le message de l’UNC, insistant sur le rôle historique de la France en Indochine et sur les liens encore forts qui unissent aujourd’hui la France au Vietnam, au Cambodge et au Laos. « Soyons fiers de notre héritage, de la francophonie, de nos liens politiques et culturels, et des diasporas parfaitement intégrées en métropole », a-t-il conclu.
Les participants ont ensuite observé une minute de silence, avant de déposer des gerbes de fleurs au pied du monument.
En cette Journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Indochine, Bagnols-sur-Cèze a rappelé que la mémoire n’est pas un rituel figé, mais un devoir vivant, transmis entre les générations, au service de la vérité, de la reconnaissance et de la paix.



