Bagnols-sur-Cèze : le Carrefour Maurice Soulier inauguré place « Tamalou »

Mercredi 10 septembre, jour de marché, la place Tamalou a résonné d’une émotion particulière. Famille, amis, élus et anciens combattants s’y sont réunis pour inaugurer le Carrefour Maurice Soulier, hommage rendu à celui qui fut l’âme de la FNACA (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie) à Bagnols-sur-Cèze.
Un hommage attendu et mérité
Pour Jean-Louis Bouchon, président de la section Bagnolaise de la FNACA, compagnon de route et ami, cette inauguration « est un moment qui nous tient à cœur, avec une plaque en mémoire de notre ami et ancien président de la FNACA, quelqu’un de simple et vrai ». Pendant 27 ans, Maurice Soulier a présidé l’association locale « sans jamais se plaindre ou reculer », présent chaque mercredi sur la place Mallet, fidèle au rendez-vous du marché, « qu’il pleuve, vente ou que le soleil écrase ». Là, il retrouvait les adhérents, écoutait, conseillait, résolvait parfois des problèmes.
Surnommée affectueusement « place Tamalou », cette esplanade était devenue son bureau. « Il était partout : enterrements pour entourer les familles, réunions pour défendre une cause, porter haut la voix des anciens combattants », a poursuivi Jean-Louis Bouchon, avant d’évoquer « un silence étrange, un vide que rien ne comble » depuis son absence.
La mémoire d’un homme dévoué
Président départemental de la FNACA, Jean Pierre Colombet a rappelé que Maurice Soulier, disparu à 85 ans, avait consacré sa vie entière aux anciens d’AFN, « les petits gars du contingent ». Combattif, prêt à rendre service, il savait s’entourer « dans une ambiance studieuse et amicale ».
« Les représentants se succèdent, mais Maurice a marqué son passage comme nul autre ne l’aurait fait ainsi, a-t-il souligné. Pas de meilleur hommage que de donner son nom en exemple à la population. »
Une fidélité exemplaire
Pour Jean-Christian Rey, président de l’Agglomération du Gard rhodanien, l’hommage était « très mérité ». Il a salué la fidélité de Maurice, présent chaque mercredi sur la place. « Ces moments de discussion étaient à son image : drôle, fidèle et constant », a-t-il confié, avant d’élargir son propos : « La guerre est un constat d’échec. À nous de faire en sorte qu’elle s’éloigne, qu’aucun pays n’en envahisse un autre, pour léguer à nos enfants un monde de paix et de joie. »

Un héritage vivant
Enfin, le maire de Bagnols-sur-Cèze, Jean-Yves Chapelet, a rappelé combien la ville avait « la chance d’avoir des présidents d’associations d’anciens combattants attachés à la mémoire, à la réunion et à la vie du territoire ».
Depuis le décès de Maurice, « il nous manque et il manque aux mercredis sur cette place Tamalou où l’on refaisait la vie ». Le maire s’est souvenu de leurs discussions : « Maurice m’a appris à aimer cette ville, il m’a raconté son histoire, sa vie. » Évoquant une dernière visite, il a salué « une vision et une philosophie extraordinaires ».
L’idée de baptiser le carrefour à son nom, portée par les associations d’anciens combattants, a été validée par le comité des sages. Elle est désormais gravée dans la pierre de la place Tamalou : le Carrefour Maurice Soulier restera le symbole d’un homme qui a fait de la mémoire et de la fidélité des valeurs essentielles.



