« C’est un aboutissement, mais aussi un vrai challenge », Isabelle Pascal, nouvelle cheffe de la circonscription de police de Bagnols-sur-Cèze

Entretien avec Madame le commandant Isabelle Pascal, nouvelle cheffe de la circonscription de police de Bagnols-sur-Cèze
La semaine dernière, le commandant Isabelle Pascal a officiellement pris la tête du commissariat de Bagnols-sur-Cèze. Un retour aux sources pour cette officier de police chevronnée, qui connaît déjà bien la ville pour y avoir exercé durant huit ans avant de poursuivre sa carrière du côté d’Alès. Rencontre avec la nouvelle responsable du commissariat, entre attachement personnel, enjeux de sécurité et ambitions professionnelles.
Vous venez de prendre vos fonctions à la tête du commissariat de Bagnols-sur-Cèze. Ce poste marque-t-il une étape importante dans votre carrière ?
Oui, c’est clairement un aboutissement. Devenir cheffe de circonscription est une étape majeure dans la carrière d’un officier. Pour moi, revenir à Bagnols sur Cèze a aussi une dimension personnelle : j’y ai passé huit ans auparavant, à d’autres fonctions au sein du commissariat, et j’avais gardé un excellent souvenir de cette ville et de ses habitants. Le poste s’est libéré avec le départ du Commandant Pailhories, et Bagnols me convenait parfaitement, tant sur le plan professionnel que personnel. C’est un vrai challenge, car désormais j’ai la responsabilité complète de la gestion du service.
Comment se déroulent les premières semaines après une prise de poste comme celle-ci ?
Elles sont très intenses. Quand on arrive cheffe de service, on est énormément sollicitée par les partenaires : élus, institutions, associations… Certains me connaissaient déjà, d’autres non. Depuis un mois et demi, je multiplie les rencontres, les réunions, les échanges. C’est indispensable, car le partenariat est essentiel à Bagnols, où tout repose sur le travail collectif et la proximité.
Quelles sont, selon vous, les spécificités de la circonscription de Bagnols-sur-Cèze ?
Je ne dirais pas qu’il y a de spécificité majeure par rapport à d’autres villes de taille comparable. La délinquance y est similaire à ce que j’ai connu à Alès. Les problématiques sont les mêmes : délinquance routière, trafics de stupéfiants, violences intrafamiliales… Ce sont des enjeux nationaux qui prennent ici une dimension locale, mais il n’y a pas de particularité radicalement différente.
Justement, sur la délinquance routière, quelles actions menez-vous ?
Il y a un gros travail quotidien de contrôle routier et de prévention. Nos effectifs effectuent des contrôles très réguliers sur les grands axes, notamment sur la RN580, mais aussi en centre-ville. Nous menons également des opérations alcoolémie et stupéfiants. L’activité routière est soutenue et les résultats sont bons, sans vouloir nous porter la poisse (sourire).
Et sur la lutte contre le trafic de stupéfiants ?
C’est une priorité. Un travail de fond est mené à plusieurs niveaux : d’abord sur le terrain, avec un harcèlement quotidien des points de deal, notamment aux Escanaux et à la Citadelle. Grâce à un travail intensif, la situation à la Citadelle s’est nettement améliorée. Ensuite, il y a un important travail d’investigation judiciaire. Nous procédons à des interpellations régulières, nous saisissons du produit et de l’argent, et nous sanctionnons aussi les consommateurs, car sans eux, les trafics n’existeraient pas. Les amendes forfaitaires délictuelles pour usage de stupéfiants sont nombreuses, et nos dépistages routiers sont presque toujours positifs aux abords des points de deal.
Certaines vidéos de clips de rap tournés aux Escanaux montraient des armes. Comment vos équipes interviennent-elles en sécurité dans ces contextes ?
Nos fonctionnaires sont formés et expérimentés. Ils savent jusqu’où aller pour assurer leur sécurité et celle du public. Ce sont des interventions délicates, mais ils font preuve de professionnalisme, de sang-froid et d’intelligence tactique. La priorité, c’est de garantir la sécurité de tous, sans prendre de risques inutiles.
Les violences intrafamiliales représentent aussi un enjeu majeur. Comment le commissariat accompagne-t-il les victimes ?
C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Nous avons la chance d’avoir une intervenante sociale au commissariat. C’est une aide précieuse : elle reçoit les victimes, les écoute, les accompagne dans leurs démarches, et les aide souvent à franchir le cap du dépôt de plainte. Certaines ont besoin de plusieurs rendez-vous, d’autres déposent plainte dès le premier. Son rôle est essentiel pour sécuriser la victime et l’orienter vers les bons services.
L’accueil est déterminant : franchir la porte d’un commissariat, surtout pour dénoncer des violences conjugales, c’est difficile. Il faut que la victime se sente écoutée, respectée et accompagnée. C’est un travail collectif et humain, que nous prenons très à cœur.
Sur le plan du maintien de l’ordre, comment se caractérise Bagnols-sur-Cèze ?
Le climat social est globalement apaisé. Les manifestations se déroulent toujours dans un bon état d’esprit. Depuis ma prise de fonction, il y en a eu deux ou trois, et tout s’est passé sans difficulté. Les gens viennent pour revendiquer, pas pour dégrader. C’est très bon enfant, souvent avec des familles et des enfants.
Quels sont vos objectifs pour le commissariat à court et moyen terme ?
Maintenir le très bon niveau d’activité déjà existant. Le taux d’élucidation des affaires est excellent, je ne prétends pas pouvoir « faire exploser les chiffres ». Mon objectif, c’est de consolider ce qui fonctionne, de continuer à travailler avec les partenaires, et de renforcer cette intelligence collective.
Le partenariat, c’est la clé. On a tous besoin les uns des autres — institutions, élus, associations, habitants — pour progresser ensemble et améliorer la sécurité au quotidien.
Vous allez bientôt rencontrer des associations locales comme Riposte. Quel rôle peuvent-elles jouer ?
Elles sont des partenaires précieux sur le terrain social et préventif. Même si je n’ai pas encore eu le temps de toutes les rencontrer, c’est prévu. Il est important que nous nous connaissions, pour éventuellement collaborer sur certaines actions ou problématiques locales. La police ne peut pas tout faire seule, et ces relais associatifs sont indispensables.



