A la UneActualitésBagnols-sur-Cèze

Bagnols-sur-Cèze – Une Toussaint placée sous le signe du souvenir et de la fidélité

Ce 1er novembre, comme chaque année, élus, associations patriotiques et habitants se sont rassemblés au cimetière de Bagnols-sur-Cèze pour un moment de recueillement et d’hommage devant le monument érigé en mémoire des anciens combattants, devant la carré militaire puis sur les tombes des anciens premiers magistrats de la commune. Trois prises de parole fortes, celles de Jean-Claude Mougenot, Jean-Yves Chapelet et Christian Baume, ont rythmé cette cérémonie dédiée à la mémoire, à la transmission et à la fidélité républicaine.

« Se souvenir non pas pour rouvrir les blessures, mais pour comprendre et transmettre »

Jean-Claude Mougenot, président de l’association des médaillés militaires, a ouvert les discours en évoquant la mémoire des Pieds-Noirs et de « cette communauté liée par l’histoire et le déracinement ».

« Nous nous souvenons non pas pour rouvrir les blessures du passé, mais pour reconnaître, comprendre et transmettre, » a-t-il déclaré, rappelant le destin de ceux qui ont « bâti leur vie, leur famille et leur espérance sur une terre mêlée de cultures, de langues et de traditions ».

Il a salué leur courage et leur dignité à leur arrivée en métropole, malgré la douleur de l’exil :

« Ils ont tout laissé derrière eux. Déracinés, mais dignes, ils ont reconstruit leur vie avec ténacité. Aujourd’hui, nous honorons leur souffrance, leur résilience et leur fidélité à la France. »

Évoquant la richesse d’une culture méditerranéenne faite de lumière et de chaleur, Jean-Claude Mougenot a conclu sur un appel à la réconciliation :

« La mémoire doit nous aider à reconstruire un avenir commun, où chaque souffrance trouve sa reconnaissance. N’oublions pas ces vies dispersées, cette part d’histoire qui continue de vivre malgré la douleur. »

« Le souvenir est la seule forme de rencontre encore possible avec ceux qui ne sont plus »

Le maire de Bagnols-sur-Cèze, Jean-Yves Chapelet, a ensuite pris la parole pour rappeler le sens profond de la Toussaint.

« Chaque année, à la Toussaint, nous venons dans ce lieu de silence et de fleurs, où le temps semble suspendu, déposer au bord des tombes un peu de mémoire, de gratitude, et un peu de nous-mêmes. »

Le maire a souligné la permanence du souvenir :

« Le cimetière est un lieu de fidélité ; il rappelle que la vie humaine ne s’efface pas avec les saisons. Nous mourons deux fois : une première quand le cœur s’arrête, une seconde quand plus personne ne prononce notre nom. »

Rendant hommage à Raymond Masse, conseiller municipal récemment disparu, Jean-Yves Chapelet a salué « un visage du quotidien qui incarnait ce que la République a de plus humain : la loyauté silencieuse ».

« Il défendait l’idée qu’une commune est plus qu’un simple territoire. »

Le maire a enfin rappelé que la République « vit dans les consciences, pas seulement dans les discours » :

« La mort ferme les yeux des morts, mais ouvre ceux des vivants. La République ne vit pas dans les hémicycles, mais dans les lieux simples que sont nos villages. »

En marge de la cérémonie, un dépôt de fleurs a été réalisé sur les tombes des anciens maires de la commune – Lacombe, Arène, Charrier, Jeanjean, Boulot, Bertin Boissin – ainsi que sur celle de Raymond Masse.

« Quand on est élu, il faut avoir conscience qu’on n’est que l’héritier de ceux qui nous ont précédés, dans la gestion comme dans la résistance aux vicissitudes de la vie, » a ajouté le maire.

Jean-Yves Chapelet qui a également tenu à réagir au départ de Jérôme Jackel et Philippe Broche avant cet hommage au anciens édiles qui selon lui,

« n’ont pas eu la décence de suivre le cortège. Malgré l’invitation de la Ville, ils ont décliné l’hommage rendu aux maires qui, avant moi, ont servi Bagnols-sur-Cèze. Un choix singulier, de la part de l’un déjà élu et de l’autre en quête de mandat. Comme si le respect de notre histoire pouvait s’effacer au nom d’un calcul de circonstance ».

« Refuser de saluer ceux qui ont bâti avant nous, c’est oublier que la République n’est pas un ring mais une chaîne : chaque maillon y compte, surtout celui du souvenir », conclut le maire de Bagnols sur Cèze.

« Être les combattants de la mémoire »

Enfin, Christian Baume, président du comité du Souvenir Français de Bagnols-sur-Cèze, a rappelé devant le carré militaire l’importance de la mémoire collective :

« Nous sommes ici pour dire à nos soldats morts au combat que nous ne les oublions pas. Portés par un idéal et par l’amour de leur pays, ils ont consenti le plus grand des sacrifices. »

Il a tenu à évoquer aussi les femmes combattantes, souvent oubliées :

« Nombreuses sont tombées pour avoir voulu maintenir un idéal. Ces combattants et combattantes ont forgé ce lien invisible mais essentiel entre population, histoire et nation. »

Christian Baume a insisté sur la mémoire comme socle vivant de l’identité nationale :

« Rien ne se construit de manière solide dans la facilité. La nation, parfois blessée ou occupée, n’a jamais renoncé à son unité. Il n’existe pas de hiérarchie entre les mémoires. À nous d’être les combattants de la mémoire, pour qu’elle ne se dilue pas. »

Avant de conclure, il a adressé une pensée émue à Raymond Masse, qu’il a qualifié « d’homme de valeur et de profonde humanité ».

« Comme lui, soyons des combattants pour la paix. »

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page