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Éric Giraudier : « Le Gard doit prendre en main son destin économique »

Président de la Chambre de commerce et d’industrie du Gard, Éric Giraudier revient sur les grands axes de développement du territoire : attractivité, industrie, tourisme, formation et proximité. De la prospective Gard 2030 au salon Miam, en passant par le développement des sites industriels et touristiques, il défend une vision lucide et volontariste de l’économie gardoise.

Une vision à long terme avec « Gard 2030 »

La rentrée économique de la CCI du Gard a été marquée par la présentation du travail « Gard 2030 », une vaste démarche de prospective lancée il y a plus d’un an.

« Ce travail n’est pas un rapport figé mais une méthodologie et un mouvement que nous lançons, explique Éric Giraudier. Nous avons jugé essentiel de nous projeter dans l’avenir, d’être force de proposition à l’échelle du département. Les contraintes nationales, nous les subissons, mais nous croyons que le niveau départemental est un levier d’action pertinent. »

La réflexion s’appuie sur les trois grands bassins d’emploi identifiés dans le Gard – Nîmes, Alès et Bagnols-sur-Cèze – et vise à construire une stratégie réaliste, « respectueuse des hommes, des territoires, de l’histoire et de la géographie ».

Face à la raréfaction des fonds publics, la CCI appelle à « hiérarchiser les priorités » et à « réfléchir par filières et par logiques économiques ».

« Être lucide et attractif »

Face à la concurrence des départements voisins – Vaucluse, Hérault, Bouches-du-Rhône, Ardèche ou Drôme – la CCI mise sur la lucidité et la coopération.

« Il faut savoir travailler en interaction, notamment sur des sujets communs comme le nucléaire, où nous collaborons avec les CCI de la vallée du Rhône. Mais lorsqu’une entreprise hésite entre le Gard et un autre département, il faut savoir défendre intelligemment nos atouts. »

Et ceux-ci sont nombreux, rappelle le président :

« Le Gard est un terroir pro-entreprise et particulièrement pro-industrie. La part d’emplois industriels y est supérieure à la moyenne nationale et à celle de l’Occitanie. Nous avons des filières diverses et bien réparties, ce qui est une vraie force. »

Pour Éric Giraudier, l’objectif n’est pas de promettre l’impossible :

« Il vaut mieux créer 300 fois 10 emplois que rêver d’un projet unique à 3 000 postes. L’industrie, le tourisme et la gastronomie sont des leviers solides, à condition d’être cohérents et réalistes. »

Tourisme : le salon Mirabilia à Nîmes

Autre temps fort de la fin d’année : le salon Mirabilia, organisé à Nîmes par la CCI du Gard fin novembre.

« Ce n’est pas un salon grand public, précise Éric Giraudier. C’est un rendez-vous professionnel européen, tournant, qui regroupe 80 à 90 tour-opérateurs français et étrangers autour du tourisme culturel, patrimonial et gastronomique. »

L’objectif : faire découvrir les richesses du territoire à des opérateurs qui « construisent des circuits sur 5 à 10 ans ».

« Ce salon permettra de promouvoir la Camargue, les Cévennes, le Pont du Gard, le patrimoine bâti et notre gastronomie, avec des retombées économiques à long terme. »

Bagnols-sur-Cèze : « la proximité n’est pas qu’un discours »

La CCI du Gard conserve une délégation active à Bagnols-sur-Cèze, un choix assumé par son président :

« Peu de CCI ont gardé des antennes locales. Pour nous, la proximité n’est pas un slogan, c’est une réalité. La délégation de Bagnols fonctionne très bien. Elle permet aux chefs d’entreprise d’avoir un accès direct, humain, et de gagner du temps dans leurs démarches. »

Dans le Gard rhodanien, la CCI se positionne en soutien de l’agglomération dans les projets d’implantation industrielle, notamment sur le site de l’Ardoise, labellisé « clé en main France 2030 ».

« Nous accompagnons les projets en relation constante avec l’agglomération, parfois par un travail discret de lobbying, mais toujours en cohérence avec les acteurs locaux. Lorsqu’une entreprise perçoit que tout le monde est aligné, cela pèse dans sa décision d’implantation. »

Industrie et énergie : « Le nucléaire est essentiel »

Éric Giraudier reste convaincu du rôle stratégique du nucléaire pour l’économie gardoise :

« L’arrivée d’acteurs sur les petits réacteurs modulaires (SMR) à Marcoule est une excellente nouvelle. Le nucléaire reste indispensable : c’est la seule énergie décarbonée pilotable. Nos concurrents ont des ressources fossiles ; nous, non. Sans le nucléaire, la France ne pourrait ni produire ni consommer à coût raisonnable. »

Gastronomie et ancrage local : le salon Miam

Le salon Miam d’Alès, autre grand rendez-vous organisé par la CCI, illustre cette volonté de valoriser les savoir-faire gardois.

« Le Miam met en avant les producteurs locaux – 85 % viennent du Gard – mais aussi les restaurateurs et les chefs. La montée en gamme de notre gastronomie et de notre hôtellerie explique aussi les bons résultats du tourisme. »

Cette édition, placée sous le parrainage du chef étoilé Julien Caligo, confirme l’importance de la gastronomie comme levier d’attractivité.

« On ne fait pas venir des gens s’il n’y a rien à leur offrir. Or, notre offre est riche, variée et répartie sur tout le département. »

Formation : préparer les talents de demain

Enfin, Éric Giraudier insiste sur le rôle central des Purple Campus (à Nîmes, Alès et Bagnols) dans l’adéquation entre formation et besoins économiques :

« Former les jeunes, les mettre en contact avec les professionnels, leur présenter la réalité des métiers, c’est fondamental. La formation est un levier direct de compétitivité pour les entreprises. »

« Prendre en main notre destin »

Pour conclure, le président de la CCI du Gard appelle à la mobilisation collective :

« Il faut avoir la volonté de prendre en main notre destin. Rien ne se fera tout seul, mais si nous concentrons nos efforts sur les filières clés, en travaillant ensemble et avec lucidité, le Gard a tous les atouts pour réussir. »

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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