Jean-Paul Fargier publie Bons baisers d’Auschwitz, un livre intime qui ressuscite la mémoire des STO de Bagnols-sur-Cèze

Réalisateur de films documentaires pour la télévision désormais à la retraite, Jean-Paul Fargier n’en est pas à son premier ouvrage : il a déjà signé une dizaine de livres consacrés au cinéma et à la télévision. Mais son nouveau titre, Bons baisers d’Auschwitz, publié en édition limitée chez Monsieur Cotton à Bagnols-sur-Cèze, est sans doute le plus personnel.
Car ce livre, tiré à 100 exemplaires et réimprimable à la demande, est né d’un choc intime : la mort de son père. « Après son décès, j’ai découvert des documents passionnants sur le groupe de STO de Bagnols-sur-Cèze », raconte l’auteur, installé à Goudargues. Son père fut en effet secrétaire de l’association des anciens déportés du travail, chargé par ses camarades de conserver et d’archiver la mémoire de ceux qui avaient été envoyés en Allemagne.
Reconstituer une vie brisée par la déportation
À partir d’archives familiales, de photos, de lettres adressées à sa mère, mais aussi d’un précieux courrier d’un cousin, Jean-Paul Fargier a patiemment reconstitué le parcours de son père, déporté comme travailleur à Auschwitz.
Parmi les 26 hommes de Bagnols partis en STO, plusieurs ont été envoyés dans l’immense complexe d’Auschwitz pour travailler dans les usines de I.G. Farben, entreprise ensuite dénazifiée et devenue BASF. Son père, lui, avait obtenu douze jours de permission pour rentrer en France et se marier : il n’est jamais revenu.
« Je n’imaginais pas que tous ses copains dont il parlait avaient été, eux aussi, avec lui à Auschwitz », confie l’auteur. Le livre dévoile la vie terrible des travailleurs forcés dans les baraquements, la nostalgie de la France, les liens d’amitié qui se nouent loin de chez soi, au fond de la Pologne. Certains seront rapatriés après la libération d’Auschwitz, le 24 janvier 1945, alors que les nazis les envoyaient travailler toujours plus loin du front.
La petite histoire mêlée à la grande
Au fil des pages, Jean-Paul Fargier raconte également les racines ardéchoises de son père, né à Entraygues, la ville de Jean Ferrat, dans une famille de maraîchers, et son attachement au club de boules, champion du Gard puis défait en quart de finale du championnat de France. « Je voulais raconter sa vie toute entière, mêler la petite histoire à la grande », précise-t-il.
Le livre s’adresse d’abord à la famille, aux amis, aux Bagnolais et à tous ceux qui, de près ou de loin, ont connu cette génération. Mais l’auteur prévoit ensuite une diffusion nationale, pour toucher les lecteurs sensibles à ces récits où l’histoire locale éclaire la mémoire collective.
Une édition locale, un événement à Bagnols
Bons baisers d’Auschwitz est publié par la nouvelle édition Monsieur Cotton, dirigée par Alain Biurge. Les exemplaires sont imprimés à Nîmes et peuvent être commandés directement sur le site de l’éditeur.
Une séance de dédicaces est organisée ce samedi 15 novembre, de 10 h à 12 h, à la Librairie Occitane de Bagnols-sur-Cèze.



