Pont-Saint-Esprit : le conseil municipal s’est tenu ce mercredi 12 novembre dans une atmosphère parfois tendue marquée par plusieurs passes d’armes entre majorité et opposition

En ouverture de séance, le maire Valère Ségal est revenu sur la polémique autour de sa participation au vote concernant l’embauche d’un directeur de cabinet. Il a rappelé que le tribunal administratif avait rejeté le référé déposé par l’élue d’opposition Aurélie Delwarte, estimant qu’il n’existait « aucun moyen de faire naître un doute sérieux concernant le vote de la délibération ». Pour le maire, cette démarche relève d’« une tentative de déstabilisation », peu compatible selon lui avec « l’attitude d’une élue espérant diriger la commune ».
Le dossier du collège ravive les tensions
Le dossier du terrain du futur collège a ensuite occupé une large part des débats. Valère Ségal a rappelé que le juge administratif avait débouté la préfecture et l’Établissement Public Foncier d’Occitanie, confirmant la validité de la révocation de la convention et la vente qui s’en est suivie.
Le maire a précisé que l’EPF reste propriétaire du terrain, tout en appelant le département et l’établissement à « tourner la page » et à assurer désormais l’entretien du collège.
Cette mise au point a entraîné une vive altercation avec le député et conseiller municipal d’opposition Pierre Meurin (Rassemblement National), qui a reproché au maire son absence de vision et son « attitude de liquidateur ». Valère Ségal lui a répondu qu’il ne laisserait pas « dire des mensonges » et a réaffirmé vouloir « un nouveau collège, mais pas sur le dos des Spiripontains ».
L’échange s’est poursuivi sur un ton houleux, le député accusant le maire d’« incompétence », tandis que ce dernier lui reprochait sa faible présence aux séances du conseil.
Espaces verts : recours à l’ESAT Valbonne
La question de l’entretien des espaces verts a également été abordée. Interrogé par Françoise Savelli sur le recours à l’ESAT Valbonne malgré la présence d’agents municipaux, l’adjoint Jérôme Carminati a expliqué que l’établissement prenait en charge « les zones longues, peu valorisantes et sources de casse », permettant aux cinq agents municipaux de se concentrer sur les espaces verts les plus fréquentés.
Hôtel-Dieu : un projet en cours de transformation
Claire Lapeyronie, ancienne maire, a salué l’avancement du chantier de l’Hôtel-Dieu tout en regrettant l’absence de communication publique autour du projet.
L’adjoint Hervé Rouquette a précisé que les travaux de désamiantage et de démolition intérieure étaient sur le point d’être achevés et que la réalisation du parking de 69 places débuterait dès l’accord de la DDTM obtenu.
Selon le maire, la moitié des 69 logements de standing prévus ont déjà trouvé preneur, mais aucune réunion publique ne sera organisée en période pré-électorale.
Popcorn au Ciné 102 : une délibération légère au cœur des débats
Parmi les délibérations soumises au vote, la création d’un tarif de 2 € pour la vente de popcorn au cinéma municipal Ciné 102 a suscité un débat teinté d’ironie.
Plusieurs élus de l’opposition ont raillé « le projet le plus important de la soirée », avant que la mesure ne soit finalement adoptée à l’unanimité. Selon la note explicative, cette vente répond à une forte demande du public et vise à renforcer l’attractivité du cinéma municipal après l’achat d’une machine à Pop Corn au tarif de 7000€.
Voirie : première mise à jour depuis 2002
Le conseil a également validé la mise à jour du tableau de classement des voies communales, une première depuis plus de vingt ans.
Le linéaire total de voirie s’établit désormais à 79 369 mètres, pour 306 rues, chemins et places recensés. Ce travail permettra une gestion plus précise du domaine public routier et un calcul plus juste des subventions liées à l’entretien.
Fonds Friches : prolongation d’un an du dispositif RHI-THIRORI
Autre point important, la prolongation d’un an de la convention de subvention dite « Fonds Friches », relative au dispositif RHI-THIRORI de requalification du centre ancien. Un mois seulement après l’adoption du principe d’utilisation de 700 000€ de crédits pour des projets en 2025. Une utilisation reportée d’un an faute de projets présentés.
L’avenant, présenté par Hervé Rouquette, reporte la date limite au 31 octobre 2026 afin de tenir compte des retards administratifs et juridiques accumulés.
L’opposition, emmenée par Claire Lapeyronie et Françoise Savelli, a déploré un manque d’initiative et une « procrastination permanente ». L’adjointe aux finances Karine Bommenel a défendu la démarche, estimant que la commune agit « avec ses moyens » et poursuit la recherche de partenaires financiers.
Agglomération : un débat récurrent sur l’appartenance à la Communauté de Communes
En fin de séance, le débat s’est déplacé sur la place de Pont-Saint-Esprit au sein de l’Agglomération du Gard rhodanien.
Pierre Meurin a critiqué un rapport d’activité de « 200 pages » qu’il a qualifié de « tract publicitaire » et a évoqué la possibilité de quitter l’agglomération pour créer « une communauté de communes à taille humaine ».
Plusieurs élus de la majorité, dont Verah Randrianasolonandrasana et Michel Onde, ont défendu l’appartenance à l’intercommunalité, rappelant les projets rendus possibles grâce à ses financements, notamment la station d’épuration.
Valère Ségal a conclu la séance en affirmant que la ville « montre les dents sur les sujets qu’elle juge nécessaires », tout en rappelant que le rapport d’activité est une obligation réglementaire.



