Bagnols sur Cèze : après l’incendie de leur atelier de couture Corinne et Nathalie relancent leur activité au 42 Avenue Léon Blum

Un mois après l’incendie qui a ravagé leur atelier historique de l’Avenue Léon Blum, Corinne et Nathalie ont repris le travail. Dans un nouveau local situé quelques numéros plus bas, au 42 rue de la République, les deux artisanes de la couture ont relancé leur activité, portées par un impressionnant élan de solidarité.
Deux parcours, une même aventure
Corinne est couturière « depuis toujours ». Formée dès l’âge de 18 ans, issue d’une famille où la couture était omniprésente, elle s’est ensuite spécialisée dans le cuir et la fourrure. « Petite, j’avais mes tantes derrière les machines, je jouais avec des poupées mannequins… c’était naturel », sourit-elle.
Nathalie, en revanche, n’était pas destinée à ce métier. « Moi j’étais dans les papiers, la compta, la gestion de stocks dans un bureau d’études », explique-t-elle. Leur rencontre dans une même entreprise, l’une à l’atelier, l’autre dans les bureaux, a été déterminante. « Un vrai coup de foudre amical. Et quand la société a fermé, on s’est dit : on se lance. »
Il y a 18 ans, après une formation de chef d’entreprise, l’atelier ouvrait ses portes.
Depuis, Corinne et Nathalie proposent un éventail de prestations particulièrement large :
retouches classiques, cuir, peau, blousons très épais, rideaux, bâches de bateau, ameublement textile, doudous, sacs, vêtements techniques… « Tout ce qui est textile, on le fait. En revanche, les fauteuils à recouvrir ou la cordonnerie, on laisse ça aux spécialistes », précisent-elles.
L’incendie est survenu fin novembre. « On n’a même pas envie de retenir la date », confie Nathalie. Le choc est brutal : machines détruites, atelier inutilisable, dossiers à reconstituer, assurances à gérer. « On a l’impression que ça va aller vite… et puis en fait on vous redemande sans cesse des papiers. »
Très vite pourtant, la priorité est de ne pas s’arrêter. « Il fallait sauver l’activité, reprendre pour faire rentrer un minimum de chiffre. » Grâce à leurs propres petites machines personnelles, à de la récupération, à des tables prêtées par leurs enfants, l’atelier redémarre presque immédiatement.
Refusant de s’éloigner pour ne pas perdre leur clientèle, elles trouvent un local libre au 42 Avenue Léon Blum, quelques mètres plus bas que leur ancien atelier situé au 38. « Juste un peu plus bas dans la rue, pour que les gens nous retrouvent facilement. »
Un élan de solidarité massif
Très vite, la solidarité s’organise : voisins, clients, habitants, propositions d’aide, nettoyage, dons de matériel… Les enfants de Nathalie lancent même une cagnotte en ligne. « On ne s’attendait pas à ça. Franchement, c’est impressionnant. »
« Les gens nous disaient : comment on peut aider ? On peut nettoyer ? Donner ? C’était incroyable », confirment-elles. Un soutien moral autant que matériel.
Des horaires inchangés pour retrouver les habitudes
Pour rassurer la clientèle, les horaires restent les mêmes :
mardi au vendredi, de 9h à 12h et de 14h à 19h, avec quelques ouvertures exceptionnelles en période de fêtes.
« L’important, c’est que les gens sachent qu’on est là, qu’on travaille à nouveau normalement, qu’ils reviennent. »
Si les démarches administratives et assurantielles restent longues, Corinne et Nathalie veulent avant tout regarder vers l’avenir. « On a sauvé ce qu’on pouvait sauver. Le reste, on le réglera avec l’assurance. Et s’il faut, on indemnisera nous-mêmes les clients en attente. Ils ne seront pas pénalisés. »
Après 18 ans d’activité, un incendie et un redémarrage quasi immédiat, leur détermination reste intacte.
« On ne baisse pas les bras. On continue. »



