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Mobilisation sociale à l’usine Melox d’Orano : les syndicats exigent une reconnaissance financière des efforts fournis

La tension monte à l’usine Melox d’Orano, spécialisée dans la fabrication de combustible MOX, où un préavis de grève intersyndical a été déposé le lundi 24 novembre. Les syndicats Force Ouvrière et CGT réclament une prime uniforme de 4 500 euros pour l’ensemble des salariés, afin de reconnaître une année de travail jugée particulièrement éprouvante.

Cette année marque en effet l’atteinte de l’objectif symbolique des 100 tonnes de combustible produites sur le site. Un record réalisé, selon les syndicats, « dans des conditions de travail très dégradées ».

Sécurité, surdosages et fatigue accumulée

Les représentants du personnel alertent sur un manque de sécurité persistant, évoquant même des situations de surdosage radiologique. « Les salariés arrivent au bout de leur capacité de dosage radioactif. Ils ont donné le maximum, parfois au détriment de leur santé », dénoncent-ils. Pour l’intersyndicale, ces efforts exceptionnels doivent désormais être reconnus à leur juste valeur.

« Le directeur dit merci, mais la vraie reconnaissance, elle est financière », résume Tristan Maison, secrétaire de Force Ouvrière Melox. « Les salariés veulent être reconnus, mais aussi respectés et écoutés. »

Des négociations jugées insuffisantes

Depuis le dépôt du préavis, les syndicats affirment avoir été reçus à six reprises par la direction. Mais les discussions se seraient rapidement heurtées à une fin de non-recevoir. « On nous a clairement dit qu’il n’y aurait pas de négociation hors des NAO », dénoncent-ils.

Une proposition aurait néanmoins été avancée : une hausse de 100 euros sur le salaire de base, mais impliquant en parallèle une baisse de 3 500 euros du salaire de base via des mécanismes internes. Un dispositif qualifié de « financement par des enveloppes de mobilité jugées de copinage » par les représentants syndicaux.

Autre point de crispation : la relation avec certains encadrants. « Les chefs d’installation méprisent les salariés. On entend parfois : “La vie est dure, mais pas pour moi” », déplorent plusieurs agents.

Un mouvement de blocage annoncé

Faute d’avancées concrètes, un blocus du site doit débuter ce lundi. « Hier encore, nous n’avons pas été reçus. Finalement, nous avons obtenu une réunion ce mardi après-midi », indique Tristan Maison.

Lors de cette rencontre, la direction aurait proposé un accord basé sur un dispositif de « fidélisation au poste », représentant environ 1 % du salaire. Une mesure jugée largement insuffisante. « Des personnes dans les services sont essentielles, sans elles l’usine ne fonctionne pas », rappellent les syndicats.

Même son de cloche du côté de la CGT. Sébastien Perez, du syndicat central CGT Orano Recyclage, partage la même revendication principale : « La société fait des bénéfices. Malgré plusieurs mois d’efforts, les salariés n’ont aucune reconnaissance financière à la hauteur de leur engagement. »

Les syndicats rappellent que les seules réponses apportées jusqu’à présent relèvent des NAO (Négociations annuelles obligatoires), portant notamment sur les salaires et l’égalité femmes-hommes, sans mesure exceptionnelle liée à la charge de travail spécifique de l’année.

Une nouvelle réunion décisive ce mardi à 16 heures

Une nouvelle réunion était programmée ce mardi à 16 heures entre l’intersyndicale et la direction, conduite par le directeur du site, Arnaud Capdepon. Sans résultats la grève est renouvelée et les syndicats espèrent des propositions concrètes, à la hauteur des attentes des salariés.

À défaut, le mouvement pourrait s’inscrire dans la durée et impacter directement l’activité de l’un des sites stratégiques de la filière nucléaire française.

De son côté, la direction, par la voix du directeur des ressources humaines d’Orano Melox, Augustin Nicey, replace la discussion dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO). Une deuxième réunion est programmée le 15 décembre, au cours de laquelle de nouvelles propositions salariales doivent être formulées. Localement, la direction affirme avoir reçu les organisations syndicales avec lesquelles le dialogue est maintenu. L’impact du mouvement se fait déjà sentir sur la production, ralentie avec une trentaine de grévistes par poste. Concernant la revendication d’une prime exceptionnelle de 4 500 euros, la direction met en avant le dispositif d’intéressement : si l’objectif des 100 tonnes est atteint, les salariés pourraient percevoir jusqu’à 4 800 euros via l’intéressement et l’abondement. « Il s’agit de rétribuer la performance », souligne la direction. Si l’objectif n’est pas atteint, un intéressement serait néanmoins versé, avec une moyenne de 1 700 euros constatée au premier semestre. En revanche, aucun commentaire précis n’a été fait sur les conditions de travail, la direction estimant que celles-ci « ne changent pas à Melox » et que les moyens nécessaires sont déployés pour les renforcer.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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