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Pont-Saint-Esprit : des agents municipaux dénoncent leurs conditions de travail, la mairie répond

Une dizaine d’agents municipaux se sont rassemblés ce mardi soir devant la salle du conseil municipal de la ville de Pont-Saint-Esprit (la Cazerne) pour exprimer leur malaise professionnel. Une mobilisation initiée à l’appel du syndicat Force Ouvrière, sans dépôt de préavis de grève, mais avec la volonté de faire entendre une souffrance grandissante au sein des services municipaux.

« On nous déplace comme des pions »

Du côté des manifestants, le ton est amer. « Ils nous prennent pour des pions, le management est mauvais. On nous déplace d’un service à l’autre sans aucune prise en compte de l’âge, de la pénibilité ou des problèmes de santé », dénoncent plusieurs agents. Tous les secteurs étaient représentés lors du rassemblement : ressources humaines, écoles, CCAS, police municipale, services techniques.

Les revendications portent aussi sur le manque de moyens matériels : « On n’a pas de matériel adapté, parfois même pas d’eau chaude pour le ménage », témoignent-ils. S’ajoute un sentiment d’injustice sur le temps de travail : « Des heures supplémentaires ne sont pas payées ». Certains pointent aussi des différences de traitement difficiles à accepter au quotidien.

Malgré une mobilisation reconnue par les agents eux même comme modeste, les agents présents ont voulu remercier publiquement ceux qui ont osé se déplacer. « On se bat avec le peu qu’on est », résume l’un d’eux. Un rendez-vous est d’ores et déjà prévu le 17 décembre en mairie pour les personnels des écoles, à leur demande, sans représentant syndical cette fois.

« Ce mal-être doit être entendu »

Présent sur place pour présider la séance du conseil municipal de ce mardi soir, le maire Valère Segal a souhaité apaiser les tensions : « Nous avons constaté la présence d’une dizaine d’agents qui expriment un mal-être. S’ils l’expriment, il faut l’entendre. Une réunion avec les agents des écoles, qui ont demandé à être reçus, est déjà programmée. »

L’élu rappelle également que les chiffres d’arrêts maladie témoignent d’un malaise existant depuis plusieurs années, bien avant l’actuelle municipalité. « La question est de savoir si ce ressenti est global ou s’il concerne quelques personnes, ce qui ne veut pas dire qu’il faut le négliger », ajoute-t-il.

Des investissements mis en avant par la municipalité

De son côté, la directrice générale des services, Éloïse Auboiron, souligne les efforts engagés depuis sa prise de fonction : « À mon arrivée, les constats étaient alarmants. Aujourd’hui, on va dans le bon sens concernant les conditions de travail et les équipements. 400 000 euros ont été investis pour les services techniques. »

Un point confirmé par Karine Bommenel, adjointe au maire en charge des finances : « Ils n’avaient même pas une perceuse. Tout était externalisé. Aujourd’hui, on réinternalise avec l’achat d’un tractopelle, d’un chariot élévateur, d’un broyeur… »

Des travaux sont aussi évoqués dans plusieurs bâtiments : amélioration progressive des écoles, réorganisation des locaux de la propreté urbaine, climatisation à venir dans certains services comme Citézen, la bibliothèque ou encore la police municipale, pour améliorer le confort de travail.

Concernant la police municipale, des primes jugées indues ont été supprimées, tout en étant compensées par une revalorisation mensuelle nette comprise entre 100 et 260 euros. Vestiaires féminins, vélos électriques, nouveau véhicule et caméras pour la sécurité des agents du CCAS font également partie des investissements récents.

Une période électorale sous tension

Si le dialogue reste affiché comme ouvert, l’adjointe aux finances Karine Bommenel tempère : « On ne peut pas tout faire sur l’année 2025. La grogne est entendue, mais il faut aussi composer avec les contraintes budgétaires. »

Un contexte électoral qui, selon la direction générale, impose aussi une stricte neutralité des agents territoriaux. « Je m’interroge sur le respect des obligations de réserve et de neutralité », rappelle la DGS, précisant qu’aucune alerte particulière n’est remontée lors du dernier comité social territorial, réuni ce lundi, à la veille de la mobilisation.

Malgré ces divergences, la municipalité assure vouloir maintenir le dialogue avec les agents. Le rendez-vous du 17 décembre avec les personnels des écoles sera un premier test pour tenter d’apaiser les tensions et apporter des réponses concrètes aux difficultés exprimées.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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