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À Bagnols-sur-Cèze, Fernando Maria transmet bien plus que la pâtisserie

À Bagnols-sur-Cèze, derrière une vitrine discrète, se cache un lieu singulier. Ce n’est ni une boutique, ni un salon de thé, ni une pâtisserie classique. C’est un atelier de transmission. Celui de Fernando Maria, pâtissier, chocolatier, formateur… et surtout mentor, qui a fait de la pâtisserie un outil pour accompagner les parcours de vie autant que les reconversions professionnelles.

Installé à Bagnols depuis quatre ans, Fernando développe depuis 2009 le concept Patis Coach, né d’une envie simple : transmettre.

« Je ne forme pas des clients, je forme des élèves. Et même plus que ça, souvent ce sont des amis. »

Trente ans de métier et quinze ans de transmission

Fernando est pâtissier et chocolatier depuis plus de trente ans. Après un CAP cuisine, un BEP pâtisserie et un bac pro alimentation, il travaille en France et à l’étranger : République tchèque, Canada, Angleterre, puis comme chef pâtissier au Club Med. C’est là qu’il découvre les premiers ateliers grand public.

« Je me suis dit : c’est génial, on peut transmettre quelque chose et aider les gens en même temps. »

En 2009, il lance Patis Coach avec une idée claire : sortir du cadre scolaire classique pour proposer un accompagnement humain, individualisé et sans formatage.

« Ce que je fais, ce n’est pas une formation scolaire. C’est du mentorat. On n’est pas pâtissier parce qu’on sait faire une tarte citron meringuée, on est pâtissier par un état d’esprit. »

Depuis, il a accompagné environ 1 500 élèves dans leur parcours, souvent en reconversion, en candidat libre au CAP pâtissier ou chocolatier.

Un atelier qui attire du monde entier

Ses élèves viennent de partout : Paris, Bordeaux, Toulouse, Canada, Antilles, Afrique centrale, Irlande, Nouveau-Mexique… Certains parcourent des milliers de kilomètres pour passer une semaine entière à Bagnols.

« Ils ne viennent pas pour deux jours. Ils viennent pour une immersion. On pâtisse de 9h à 18h pendant trois jours. Et on partage aussi le territoire, les restaurants, les cascades, la ville. »

À son échelle, Fernando a créé un véritable écosystème local : hébergeurs Airbnb, commerces voisins, restaurants, fournisseurs, tous participent indirectement à cette dynamique.

« Il y a ici des belles personnes, une vraie solidarité. On a ce côté encore très humain que j’aime beaucoup. »

Des ateliers grand public pour créer du lien

Jusqu’à récemment, Fernando proposait surtout des formations longues. Désormais, il ouvre son atelier au grand public avec des cours de trois heures, accessibles à tous.

Prix unique : 49 €.

Macarons, chocolat, Paris-Brest, viennoiseries… chaque participant repart avec ses réalisations et intègre un groupe WhatsApp privé pour échanger ensuite.

« Les gens ont besoin de se retrouver, de faire quelque chose ensemble. La pâtisserie est un prétexte merveilleux pour ça. »

Il a déjà lancé ses premières dates pour février, et elles commencent à se remplir.

Une vision artisanale, humaine et indépendante

Fernando a fait un choix fort : ne pas être financé par le CPF, ne pas entrer dans les circuits institutionnels.

« Je veux rester libre. Je veux pouvoir accompagner quelqu’un aussi longtemps qu’il en a besoin, sans limite administrative. »

Son modèle repose à 70 % sur le numérique (YouTube, contenus gratuits, accompagnement à distance) et 30 % sur le présentiel. Sa chaîne YouTube rassemble plus de 60 000 abonnés, et il reçoit une cinquantaine de messages par jour.

Il donne volontairement une grande partie de son temps gratuitement :

« Je donne avant de recevoir. Et les gens viennent naturellement. On adore acheter, on déteste qu’on nous vende. »

Transmettre des gestes… et une mémoire

Très attaché aux bases du métier, Fernando revendique une pâtisserie de gestes, de tradition et de sens.

« Je veux transmettre les gestes qui se perdent : la poche à douille, la palette, la pâte feuilletée, la crème au beurre. Et aussi l’histoire derrière chaque gâteau. »

Pour lui, la pâtisserie est une mémoire vivante.

« Quand on fait un gâteau, on recrée une histoire vieille de plusieurs siècles. Il ne faut pas oublier. »

Un outil pour se reconstruire

Au fil des années, Fernando a vu la pâtisserie devenir un levier de reconstruction pour beaucoup de ses élèves : burn-out, séparations, maladies, deuils.

« Certains me disent que ça leur a sauvé la vie. À mon échelle, j’aide comme je peux. »

Il raconte aussi ces parcours inspirants, comme celui de Coralie, intolérante au lactose et aux œufs, devenue pâtissière spécialisée et aujourd’hui formatrice en Belgique.

Un projet tourné vers l’avenir

Fernando prépare actuellement un deuxième livre, consacré à la chocolaterie et à la confiserie, après un premier ouvrage vendu à plus de 1 200 exemplaires en auto-édition.

Il souhaite aussi développer de nouveaux lieux, notamment rue de la République, et participer à la redynamisation du centre-ville.

« Je pense qu’il ne faut pas attendre que tout vienne d’en haut. Il faut créer, oser, allumer des étincelles. Et ça donne envie aux autres. »

Une philosophie simple

Au fond, Fernando ne se définit ni comme entrepreneur, ni comme formateur, ni comme influenceur.

« Je suis un artisan formateur. J’aide les gens à faire ce qu’ils aiment, à se reconnecter à leur passion. La pâtisserie, c’est juste mon outil. »

Et c’est sans doute là que réside la singularité de Patis Coach : un lieu où l’on apprend à faire des gâteaux, certes — mais surtout à se rencontrer, se reconstruire, et parfois, à changer de vie.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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