Les radars « tourelles » testent le retour du flash lumineux à des fins pédagogiques

La Direction de la Sécurité Routière a lancé, dans plusieurs départements, une phase d’expérimentation sur certains radars dits « tourelles ». Objectif : tester un nouveau dispositif de notificateur lumineux, destiné à réintroduire un signal visuel lors de la détection d’un excès de vitesse — un principe qui existait auparavant sur l’ensemble des radars automatiques.
Ce notificateur prend la forme d’un flash lumineux visible par le conducteur concerné, mais aussi par les autres usagers de la route à proximité. Il ne s’agit pas d’un outil de verbalisation supplémentaire, mais d’un levier d’information et de prévention. Le flash permet en effet au conducteur qui vient de dépasser la vitesse autorisée de prendre immédiatement conscience de son infraction, dans son contexte de conduite réel, sans attendre la réception différée d’un avis de contravention parfois plusieurs jours plus tard.
« Le but est de renforcer l’aspect pédagogique du contrôle automatisé, en rappelant en temps réel l’importance du respect des limitations de vitesse », indique la Direction de la Sécurité Routière.
Un outil de prévention, pas un nouveau moyen de sanction
Le ministère insiste sur un point : le notificateur lumineux ne modifie en rien le fonctionnement des radars. Il ne change ni leur précision, ni leurs modalités de contrôle, ni le traitement des infractions. Le système existant de détection reste strictement identique ; le dispositif expérimental consiste uniquement à y associer un signal visuel.
Comme avec les anciens radars, certains déclenchements de flash peuvent ne pas donner lieu à l’émission d’une contravention, notamment en cas d’erreur de lecture, de dépassement mineur ou de situation particulière.
L’intérêt de ce retour du flash est double :
- permettre au conducteur en infraction de corriger immédiatement son comportement,
- alerter les autres usagers présents sur la zone contrôlée, favorisant un ralentissement collectif.
Une expérimentation d’un mois, potentiellement prolongée
La phase de test est prévue pour une durée initiale d’un mois. Elle pourra être prolongée en fonction des résultats techniques et des retours d’usage. En amont, une enquête a été menée auprès d’un panel de conducteurs, faisant ressortir un intérêt majoritaire pour ce type d’information immédiate, jugée plus compréhensible et plus utile qu’une sanction différée.
À l’issue de la période d’essais, un bilan complet sera réalisé afin d’évaluer :
- la fiabilité technique du dispositif,
- son impact sur les comportements de conduite,
- sa pertinence en matière de prévention routière.
Ce bilan conditionnera ensuite les modalités éventuelles de son déploiement à plus grande échelle.
Vers une évolution plus pédagogique du contrôle automatisé
Avec ce notificateur lumineux, l’État cherche à faire évoluer la perception du contrôle automatisé, souvent vécu uniquement comme un outil répressif, vers une logique davantage préventive, explicative et responsabilisante.
En informant immédiatement le conducteur de son erreur, dans le contexte précis où elle se produit, le dispositif ambitionne de replacer la sécurité routière au cœur de la conduite quotidienne — non comme une sanction abstraite, mais comme un rappel concret et instantané des règles qui protègent tous les usagers de la route.
Si l’expérimentation est concluante, ce petit retour de lumière pourrait bien marquer un tournant discret mais significatif dans la manière d’aborder la prévention des excès de vitesse en France.



