À Pont-Saint-Esprit, Valère Segal déroule une partie de son programme à moins d’un mois du scrutin

À moins d’un mois des élections municipales, Valère Segal, maire sortant et candidat à sa réélection à Pont-Saint-Esprit, a lancé un premier cycle de conférence de presse pour présenter une partie de son programme. Il était accompagné de Jérôme Carminati, adjoint en charge des travaux et de la propreté, ainsi que de Patrice Gourret, qui rejoint la liste et s’est exprimé sur l’économie, le commerce, l’artisanat et l’attractivité.
« Nous allons faire plusieurs cycles de rencontres. Aujourd’hui, on commence avec deux thèmes qui nous tiennent à cœur », a introduit Valère Segal, en donnant la parole à Jérôme Carminati pour le volet cadre de vie, avant de laisser Patrice Gourret exposer une méthode et des priorités pour “redonner du souffle” au centre-ville.
Propreté : “diviser par deux les dépôts sauvages”
Jérôme Carminati a rappelé que, dès l’arrivée de l’équipe municipale, la priorité a été donnée à la propreté et à la voirie, avec l’objectif de rendre la commune « plus agréable et attractive » pour les habitants comme pour les touristes. L’adjoint a insisté sur le renforcement des équipes et sur une coopération retrouvée avec l’agglomération, compétente en matière de déchets.
Selon lui, ce travail conjoint a produit des effets mesurables : « En moins de deux ans, nous avons divisé par deux le nombre de dépôts sauvages. » Il a détaillé plusieurs actions menées ou annoncées : l’enfouissement progressif des points d’apport volontaire, le déploiement de ramassages de sacs jaunes en centre-ville, ainsi que l’installation de composteurs urbains, avec trois sites publics déjà fonctionnels et gérés avec l’appui de bénévoles, remerciés pour leur investissement.
Autre élément mis en avant : l’installation de nombreuses corbeilles urbaines pensées pour le tri sélectif et dotées d’un cendrier intégré. La municipalité a également indiqué avoir contractualisé avec une société spécialisée pour la collecte et la valorisation des mégots, avec la fourniture de dispositifs dédiés.
Dans la continuité, l’équipe souhaite élargir l’effort au-delà de l’hyper-centre, avec un plan de nettoyage et de désherbage des quartiers et lotissements selon un calendrier régulier. Jérôme Carminati a aussi évoqué la création d’une équipe chargée d’effacer les graffitis, en lien avec les propriétaires lorsque les inscriptions se trouvent sur des murs privés.
Fontaines, pigeons, végétalisation : un cadre de vie revendiqué
La majorité sortante a également insisté sur une série de mesures qui relèvent du “quotidien” : la remise en eau progressive des fontaines, la lutte contre certaines nuisances, et une stratégie de végétalisation.
Sur les fontaines, Jérôme Carminati et Valère Segal ont revendiqué une méthode : faire au maximum en régie pour maîtriser les coûts. Ils ont cité plusieurs remises en service récentes, en expliquant que des interventions qui auraient pu coûter cher via des prestataires ont été réalisées par les équipes municipales. Une nouvelle remise en eau est annoncée, notamment pour la fontaine Saint-Jacques, avec un travail mené aux côtés de l’association Sauvegarde du Vieux-Pont, présentée comme très mobilisée sur le sujet.
Concernant les animaux errants, l’adjoint a mis en avant une campagne engagée depuis début 2025 autour de la fermeture de dortoirs à pigeons, avec l’intervention d’un fauconnier local et un travail de contact auprès de propriétaires privés.
Enfin, l’équipe a défendu sa volonté de “revégétaliser” certains espaces, en s’appuyant sur des initiatives citoyennes dans le centre ancien et en annonçant que les projets à venir intégreront davantage d’arbres, de fleurs et de zones plantées. L’objectif affiché est de s’inscrire dans la dynamique “Villes et Villages Fleuris”, perçue comme un levier d’image, mais aussi de confort en période estivale.
Le Rhône et la digue : transformer un linéaire en promenade
Parmi les idées présentées, l’aménagement de la digue et la mise en valeur du Rhône ont occupé une place importante. L’équipe municipale veut faire de ce secteur une zone piétonne agréable, avec un revêtement plus adapté, un éclairage, des bancs et du fleurissement. « On a un joyau qui coule à côté de Pont et on ne le met pas assez en valeur », résume la majorité, qui voit là un atout à la fois patrimonial, touristique et de cadre de vie.
Voirie : un plan pluriannuel et un cap budgétaire
Sur la voirie, Jérôme Carminati a annoncé la poursuite d’un programme de remise en état à partir d’un tableau de voirie réalisé grâce à un outil de diagnostic. L’objectif est d’installer un rythme d’investissement régulier, autour de 500 000 euros par an, pour rattraper un retard d’entretien jugé important. L’adjoint a insisté sur le fait que, plus on attend, plus les réparations deviennent coûteuses, notamment après les épisodes de gel et de pluie.
La municipalité a aussi évoqué la modernisation progressive de l’éclairage public en LED, la mise en accessibilité des cheminements (trottoirs, passages piétons, arrêts de bus), et le développement d’aménagements cyclables.
Un parking d’entrée de ville et une aire de covoiturage
Parmi les propositions, figure également la création d’un parking en extérieur de ville, annoncé comme végétalisé et perméable, avec une aire de covoiturage et une zone d’accueil pour les bus touristiques. Ce parking serait desservi par la navette urbaine et sécurisé, notamment par la vidéoprotection. L’équipe y voit un outil pour mieux gérer les flux liés aux événements et au marché, mais aussi pour encourager des pratiques de mobilité partagée.
Économie et commerce : “devenir acteur” et relancer le centre-ville
Patrice Gourret a ensuite pris la parole sur l’économie et l’attractivité. Il a dit avoir observé depuis deux ans « les efforts de l’équipe » et souligné le potentiel patrimonial et économique de Pont-Saint-Esprit. Son diagnostic est direct : la ville se situe au cœur de bassins d’emploi et de richesse, mais capte peu de retombées. Pour lui, il faut aller “plus loin” qu’une logique d’opportunités et adopter une stratégie, en travaillant davantage avec l’agglomération, la Région et les outils de financement.
Il a évoqué la création d’espaces pour accompagner les porteurs de projets, de type pépinières, ainsi qu’un rôle plus actif de la commune pour faciliter l’installation d’entreprises, l’accès aux financements et les liens avec l’Office des entreprises.
Sur la restauration collective, il a plaidé pour une priorité donnée aux produits locaux et aux filières courtes. Selon lui, la cantine scolaire peut devenir un levier concret, à la fois économique et éducatif, en s’appuyant sur les producteurs et artisans du territoire.
Il a aussi mis en avant des actions liées à l’insertion et à la formation, en citant notamment un partenariat permettant d’accueillir localement des sessions de formation (avec l’idée d’éviter aux candidats de se déplacer loin, ce qui constitue parfois un frein à l’emploi).
Concertation, vacance commerciale et outils municipaux
Pour relancer l’activité du centre-ville, Patrice Gourret annonce une méthode : dès le début du mandat, si la liste est reconduite, lancer des “états généraux du centre-ville”, réunissant commerçants, habitants, usagers et élus afin de dresser un état des lieux et de co-construire un plan d’action.
Il a évoqué plusieurs outils, dont le droit de préemption urbain pour peser sur la destination des locaux, des opérations de vitrines actives ou d’occupation temporaire de cellules vacantes à l’occasion d’événements, ainsi que la création d’une maison du commerce et de l’économie avec un manager de centre-ville chargé d’accompagner les commerçants et de faire le lien avec les partenaires institutionnels.
Objectif annoncé : faire reculer la vacance commerciale, estimée à 18%, vers 10%.
Tourisme : Via Rhôna, accueil vélo et séjour plus long
Enfin, Patrice Gourret a insisté sur le tourisme comme levier économique, en citant la ViaRhôna et la nécessité de mieux capter ce flux. Il a évoqué la possibilité d’encourager des hébergeurs à obtenir le label Accueil Vélo, et de développer des animations capables de faire rester les visiteurs plus longtemps, afin que l’activité touristique bénéficie davantage au commerce local.



