A la UneActualitésMunicipales 2026Politique

Codolet : Sébastien Bayart brigue un dernier mandat

À 59 ans, Sébastien Bayart, maire sortant de Codolet, annonce officiellement sa candidature pour un troisième mandat en mars prochain. Un mandat qu’il présente d’emblée comme « le dernier », avec une ambition claire : terminer les projets engagés et préparer l’avenir du village.

Élu pour la première fois conseiller municipal en 1995, il a ensuite exercé deux mandats d’adjoint avant d’être élu maire. Une trajectoire qu’il revendique comme un apprentissage indispensable. « On ne peut pas être maire du jour au lendemain. Il faut de l’expérience, un retour d’expérience, et une connaissance fine du fonctionnement de l’agglomération », insiste-t-il. Selon lui, les habitants perçoivent mal l’enchevêtrement des compétences entre commune et intercommunalité. « On a perdu un certain pouvoir. Il faut avoir un pied à l’agglomération pour discuter et remettre certains sujets à l’heure. »

Un deuxième mandat marqué par le Covid

Le mandat qui s’achève n’a pas été de tout repos. « Le démarrage a été compliqué à cause du Covid, avec des retards sur les chantiers et dans les procédures », reconnaît-il. Il observe également une évolution du climat social : « L’attitude des gens a changé. Il y a moins de compréhension, moins de tolérance, plus d’agressivité. »

Malgré cela, plusieurs réalisations structurantes ont vu le jour : la création d’un parking, la construction d’une salle polyvalente et l’harmonisation des rues du centre ancien. « Ces travaux représentent l’image du village. On a essayé d’uniformiser le centre : les rues, la salle, le parking. Ce sont des chantiers qui nous ont bien occupés. »

Sécurité et aménagement au cœur du programme

Pour le prochain mandat, le maire sortant annonce des projets à la fois structurants et sécuritaires. Le stationnement figure parmi les priorités. Les rues Grand Rue, rue Basse et rue de l’Église souffrent d’un stationnement anarchique. L’équipe municipale envisage la création d’un nouveau parking à un carrefour stratégique afin d’éviter les véhicules en bord de route et de faciliter les cheminements piétons, notamment par la création d’une piste dédiée.

Autre dossier d’importance : le lac, propriété de l’État et géré par la Compagnie nationale du Rhône (CNR). La municipalité est en discussion pour une convention de mise à disposition, voire une acquisition. L’objectif est de créer une coursive piétonne le long de la nationale afin de permettre de faire le tour complet du lac à pied ou à vélo. La CNR s’est engagée sur une finalisation du dossier sous deux ans.

Un territoire contraint par le risque inondation

Codolet reste toutefois fortement contraint par le Plan de prévention du risque inondation (PPRI), en zone rouge et dans le périmètre des 4 km autour de Marcoule. Les possibilités de construction sont très limitées. « Le village est figé », constate Sébastien Bayart. Le PLU a été abrogé, alors même que 40 logements supplémentaires auraient pu être réalisés tout en restant sous le seuil des 1 000 habitants.

La digue, reconstruite après les inondations de 2002 et 2003 – où le village avait subi jusqu’à 1,80 m d’eau – et inaugurée en 2016, n’est pas prise en compte dans les calculs actuels des crues. « Elle a été dimensionnée avec 54 centimètres de garde supplémentaire, mais cela n’est pas intégré. » Pour lui, la gestion du risque est indissociable de l’histoire locale. « C’est le rôle du maire de protéger ses habitants. Il faut prendre un maximum de renseignements, travailler en commission communale et extra-communale, et transmettre. »

Une gestion financière revendiquée

Sur le plan budgétaire, le maire met en avant une gestion prudente : « Nous avons subi une baisse de 67 % des dotations sans augmenter le moindre impôt. » Tous les investissements ont été réalisés sans recours à l’emprunt. « Nos investissements sont payés. Zéro emprunt. » Pour le prochain mandat, une liste de projets sera établie en fonction des capacités financières. « Si je peux terminer mon mandat sans endetter la commune, ce sera une très belle fin. Si nécessaire, le recours au prêt se fera a minima. »

Il se dit également vigilant quant aux choix de l’agglomération et aux attributions de compensation : « Il ne faut pas débarquer la fleur au fusil. »

Retisser du lien social

Au-delà des infrastructures, Sébastien Bayart souhaite renforcer le lien intergénérationnel. « Il manque du contact entre jeunes et anciens. » La municipalité envisage de s’appuyer davantage sur l’école pour favoriser ces échanges. Parallèlement, le tissu associatif se renforce avec la création de trois nouvelles associations, dont un club taurin, un club de boxe et une association de gymnastique sportive.

« Il faut être intéressé par le terrain », conclut-il, évoquant les nuits passées sur la digue lors des crues de 2002 aux côtés de l’ancien maire. « J’ai l’envie, la passion et la volonté d’y aller. »

Une candidature placée sous le signe de l’expérience, de la prudence budgétaire et de la sécurité, pour un troisième et dernier mandat qu’il veut consacré à l’achèvement des projets et à la transmission.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page