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Bagnols-sur-Cèze : enseignants et parents unis dans la rue pour défendre l’école Jules Ferry

Ce jeudi, le groupe scolaire Jules Ferry de Bagnols-sur-Cèze est resté à l’arrêt. À l’appel de l’équipe pédagogique, soutenue par les parents d’élèves et la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), une grève et un rassemblement ont réuni enseignants, familles et représentants syndicaux autour d’un mot d’ordre commun : obtenir des moyens supplémentaires pour une école jugée « à bout de souffle ».

Une mobilisation rare et significative

Le caractère inhabituel de cette mobilisation a été souligné par les participants eux-mêmes. « Il n’est pas courant de voir enseignants et parents réunis avec les mêmes revendications », insiste Laure Pelet, représentante syndicale FO. Pour elle, la situation locale illustre une crise plus large de l’école publique : « À Bagnols, cette réalité est très concrète. Les difficultés sociales sont là, mais les moyens ont été retirés. »

Au cœur des tensions : la sortie en 2014 du dispositif d’éducation prioritaire (REP), que beaucoup jugent aujourd’hui injustifiée au regard de l’indice de position sociale (IPS) de l’établissement.

Des conditions d’enseignement qui se dégradent

Les enseignants dressent un constat alarmant. Ils dénoncent en premier lieu le non-remplacement ou le remplacement partiel des professeurs absents, compromettant la continuité pédagogique. Cette semaine encore, quatre enseignants étaient absents sans être remplacés.

Autre point critique : le manque de moyens pour accompagner les élèves à besoins particuliers. Les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) sont jugés insuffisants, tandis que les structures adaptées manquent de places. Les personnels spécialisés font également défaut : un enseignant du RASED absent et non remplacé, un psychologue scolaire recruté tardivement chaque année, ou encore un médecin scolaire couvrant un secteur trop vaste.

À cela s’ajoutent des situations sociales de plus en plus complexes, qui impactent directement les apprentissages et le climat scolaire. Les enseignants évoquent une hausse des violences, marquée récemment par l’agression d’une enseignante par un parent, puis celle d’une enseignante et d’une AESH par un élève.

Des parents à bout, entre colère et inquiétude

Du côté des familles, le soutien aux enseignants est total. Les représentants de la FCPE dénoncent eux aussi une école « laissée sans moyens » malgré des besoins comparables à ceux d’un établissement classé REP.

Guillaume Baudry, parent d’élève et représentant local FCPE, pointe notamment les absences non remplacées : « Trop de remplacements ne sont pas assurés, notamment en CP. » Une situation qui a des conséquences directes sur les enfants.

Un parent témoigne de son désarroi : « En janvier, mon enfant est resté trois semaines sans classe. Depuis, c’est au compte-goutte. Il n’y a plus de stabilité ni de repères. On envisage même le redoublement, car la classe de CP est sacrifiée. »

Les parents dénoncent également l’absence de réponse de la direction académique (DASEN) malgré plusieurs sollicitations, ainsi que le manque de moyens pour assurer l’inclusion des élèves en situation de handicap.

Des revendications claires

Face à cette situation, enseignants et parents formulent des demandes précises :

  • Le recrutement d’AESH en nombre suffisant
  • Le maintien et la création de postes pour permettre le dédoublement des classes (GS, CP, CE1)
  • Des moyens de remplacement adaptés
  • Une équipe RASED complète et stable
  • Une limitation réelle à 24 élèves par classe
  • Et surtout, l’étude d’un reclassement de l’école en dispositif adapté à sa réalité sociale

Une inquiétude renforcée par les perspectives

La mobilisation intervient dans un contexte plus large d’inquiétude. Les annonces à venir sur la carte scolaire, notamment lors du CSA du 9 avril, laissent craindre de nouvelles suppressions de postes.

« On parle de baisse démographique, mais sur le terrain, cela se traduit par une école déjà à l’os que l’on affaiblit encore », alerte Laure Pelet.

« L’école ne doit pas craquer »

Au-delà des revendications locales, le message porté ce jeudi dépasse le seul cadre de Jules Ferry. « Ce que nous demandons, ce n’est pas du confort, mais les moyens de remplir notre mission », rappellent les enseignants.

Dans une école confrontée à des difficultés sociales croissantes, tous s’accordent sur un point : sans renfort humain et sans reconnaissance des besoins réels, c’est l’ensemble du système qui vacille.

Et comme le résume une enseignante présente sur place : « Là où la violence détruit, l’école doit construire. Mais pour cela, il faut lui en donner les moyens. »

Le DASEN du Gard, contacté par notre rédaction apportera une réponse prochainement.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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