Bagnols-sur-Cèze : la ville rend hommage aux victimes et héros de la Déportation

Ce dimanche 26 avril, Bagnols-sur-Cèze a commémoré la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation, célébrée chaque dernier dimanche d’avril depuis la loi du 14 avril 1954. Une cérémonie empreinte de gravité et de recueillement s’est tenue en présence des élus, des représentants des autorités civiles et militaires, des associations patriotiques, des anciens combattants, des porte-drapeaux et de nombreux habitants.
Autour du monument aux morts, la population bagnolaise s’est réunie pour honorer la mémoire de celles et ceux qui furent victimes de la barbarie nazie dans les camps de concentration et d’extermination, mais aussi saluer le courage de celles et ceux qui résistèrent.
Pascale Bordes : « Notre rempart le plus solide, c’est notre mémoire »
Dans son discours, la maire de Bagnols-sur-Cèze, Pascale Bordes, a rappelé le sens profond de cette journée de commémoration. Citant le philosophe Alain, elle a ouvert son allocution par ces mots : « Le souvenir commence avec la cicatrice ».
Elle a souligné que cette cérémonie, instaurée dès l’après-guerre, répondait à une double exigence : rappeler les souffrances endurées par les déportés et honorer les victimes d’un système d’extermination sans précédent.
L’édile a insisté sur la nécessité de transmettre cette histoire, alors que les derniers témoins disparaissent peu à peu. Elle a évoqué avec inquiétude la méconnaissance de la Shoah chez une partie de la jeunesse, rappelant que près de six millions de Juifs furent exterminés par l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale.
Elle a également rappelé que la déportation frappa aussi d’autres populations : Tsiganes, résistants, opposants politiques et homosexuels.
« Six millions de morts, et pas une seule tombe »
Dans un passage particulièrement fort, Pascale Bordes a évoqué les lieux devenus symboles de l’horreur : Treblinka, Auschwitz, Birkenau, Ravensbrück ou encore Drancy.
« Les camps de concentration et d’extermination sont les plus grands cimetières au monde et pourtant, on n’y trouve pas une seule tombe », a-t-elle déclaré avant d’ajouter : « Près de six millions de morts, et pas une seule tombe. »
La maire a rappelé que derrière les chiffres se cachent des destins brisés : hommes, femmes, vieillards et enfants persécutés pour ce qu’ils étaient, pour leurs convictions ou pour leur simple existence.
Un appel à défendre les valeurs républicaines
Au-delà du souvenir, Pascale Bordes a fait de cette cérémonie un message d’alerte face aux menaces actuelles. Elle s’est dite préoccupée par la recrudescence des actes antisémites observés en Europe et en France.
« Notre dette, c’est de rester les gardiens de la mémoire », a-t-elle affirmé, estimant que les repères démocratiques s’effacent progressivement.
Reprenant les mots du poète et résistant Paul Éluard — « Si l’écho de leur voix faiblit, nous périrons » — elle a exhorté chacun à poursuivre ce travail de transmission.
Elle a enfin rappelé que « le renoncement aux valeurs de notre République, Liberté, Égalité, Fraternité, peut conduire au pire ».
Un hommage solennel
La cérémonie s’est poursuivie dans le recueillement avec les dépôts de gerbes et les honneurs rendus aux disparus. En conclusion, Pascale Bordes a lancé un message d’espérance : « Vive la Paix ! Vive la République ! Vive la France ! »
À Bagnols-sur-Cèze, cette commémoration a une nouvelle fois rappelé que la mémoire de la Déportation demeure une exigence morale et civique, essentielle pour éclairer le présent et préserver l’avenir.



