À Tricastin, la FARN d’EDF s’entraîne à intervenir en moins de 24 heures en cas de crise nucléaire

Du 1er au 5 juin 2026, la centrale nucléaire du Tricastin accueille un exercice d’ampleur de la Force d’action rapide du nucléaire, la FARN. Créée par EDF après l’accident de Fukushima, cette unité spécialisée doit pouvoir intervenir sur n’importe quelle centrale du parc français en moins de 24 heures, avec ses propres moyens humains, matériels, logistiques et de communication.
« La priorité première d’EDF, en tant qu’exploitant responsable, est de garantir la sûreté de ses installations », rappelle Clothilde Pfintstag, responsable sûreté au sein de l’équipe de direction du site. Cette sûreté repose sur l’ensemble des dispositions prises à chaque étape de la vie d’une centrale, afin de prévenir un accident nucléaire et, le cas échéant, d’en limiter les conséquences pour la population et l’environnement.
À Tricastin, environ 80 personnes sont mobilisables 24h/24 et 7j/7 dans le cadre du plan d’urgence interne. En 2025, onze exercices de crise ont été organisés sur le site, autour de scénarios variés : accident technique, incendie, secours à victime ou encore intrusion.
L’exercice de cette semaine simule un scénario de séisme, avec répliques, routes endommagées, risques de débordement d’eau, perte de sources froides et difficultés d’alimentation électrique. La FARN est ainsi déployée de manière préventive, avec pour mission d’appuyer les équipes de la centrale, notamment pour l’apport en eau, en électricité et en carburant.
« La FARN a été pensée en 2011, après Fukushima, en partant d’une feuille blanche. Il n’existait pas de modèle équivalent dans le monde », explique Olivier Leroux, directeur de la Force d’action rapide du nucléaire. Déclarée opérationnelle au 1er janvier 2016, elle compte aujourd’hui environ 300 salariés EDF répartis sur quatre bases régionales : Bugey, Civaux, Dampierre et Paluel.
Ces équipiers consacrent la moitié de leur temps à leur métier d’origine sur centrale, et l’autre moitié à la FARN. Ils sont formés à des missions très spécifiques : conduite de poids lourds, déploiement de groupes électrogènes, pompage à grande distance, franchissement avec barges, hélitreuillage ou encore mise en place d’une base arrière autonome.

L’exercice mobilise à Tricastin 80 équipiers, 22 véhicules et deux barges. Il associe également le GIE Intra, spécialisé dans les moyens robotisés d’intervention en zone accidentée, ainsi que des partenaires comme Airtelis pour les moyens héliportés. Particularité de cette édition : des missions sont aussi menées en coordination avec Orano, voisin du site.
Pour EDF, l’objectif est double : tester l’organisation de crise et améliorer encore les procédures. « Le retour d’expérience est essentiel. Il permet d’identifier ce qui fonctionne, ce qui fonctionne moins bien, et de progresser pour l’exercice suivant », insiste Olivier Leroux.
À Tricastin, la FARN rejoue ainsi ce pour quoi elle a été créée : arriver vite, être autonome, et apporter à une centrale en difficulté les moyens indispensables pour maintenir la sûreté.



