Bagnols-sur-Cèze : la municipalité durcit le ton contre les dépôts sauvages

Face à la multiplication des dépôts sauvages dans les rues de Bagnols-sur-Cèze, la municipalité a décidé de renforcer son arsenal de lutte contre les incivilités. Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi, le premier adjoint en charge de la sécurité, Thomas Betton a présenté une série de mesures destinées à améliorer la salubrité publique et à responsabiliser les contrevenants.
Selon l’élu, la mise en place de la redevance incitative par l’Agglomération du Gard rhodanien a coïncidé avec une hausse sensible des dépôts de sacs-poubelles et d’encombrants sur la voie publique. « La redevance incitative présente certaines limites. On ne peut pas tolérer ce qui se passe aujourd’hui dans nos rues », affirme Thomas Betton.
Pour faire face à cette situation, la Ville a renforcé son dispositif de nettoyage. Le grand nettoyage du cœur de ville a notamment été avancé d’un mois cette année. En parallèle, la brigade propreté poursuit son action quotidienne grâce aux signalements effectués sur l’application Thelma.
Deux agents municipaux sillonnent ainsi la commune afin de collecter les déchets abandonnés. Lors de l’année 2025, pas moins de 115 tonnes de déchets ont été ramassées par cette brigade. « Cela représente une charge financière importante pour la collectivité », souligne l’adjoint à la sécurité, évoquant à la fois les coûts du prestataire Nicollin, ceux de la brigade environnementale et ceux liés au traitement des déchets récupérés.
La municipalité agit également sur les points noirs identifiés. Des interventions régulières sont menées pour retirer les encombrants déposés près des points de collecte. Les opérations sont parfois accompagnées par la police municipale afin de sécuriser les agents et de procéder à des contrôles.

Mais c’est surtout sur le volet répressif que la municipalité entend désormais accélérer. Les amendes administratives ont été revues à la hausse. Jusqu’à présent, une première infraction était sanctionnée par une amende de 135 euros, montant instauré sous la précédente municipalité.
Désormais, le tarif passe à 190 euros pour un premier dépôt sauvage. En cas de récidive, l’amende atteint 285 euros, puis 475 euros à partir du troisième dépôt. Le plafond légal reste fixé à 1 500 euros.
« La doctrine est simple : celui qui salit paie », résume Thomas Betton. Cette décision fait suite à la constatation de nombreuses récidives. « Nous avons parfois affaire à des personnes verbalisées jusqu’à six fois pour les mêmes faits. »
Les contrôles s’appuient notamment sur les caméras intelligentes installées dans la commune. Entre novembre 2023 et juin 2026, 1 461 procédures ont été engagées. Parmi elles, 441 ont donné lieu à une indulgence après examen du dossier, tandis que 974 verbalisations ont été prononcées. « L’indulgence est désormais terminée », commente Thomas Betton.
Lorsqu’un dépôt est constaté par vidéo, une procédure administrative est engagée. Les contrevenants disposent alors d’un délai de dix jours pour présenter leurs observations. Les services municipaux examinent chaque situation avant de confirmer ou non la sanction.
Les agents habilités recherchent également des indices dans les déchets abandonnés, notamment des factures ou des documents permettant d’identifier les auteurs.
Si la municipalité assure poursuivre son travail de sensibilisation, elle estime que le temps de la pédagogie seule est désormais révolu. « Une grosse partie de pédagogie a déjà été faite au moment du déploiement de la redevance incitative. Cela ne suffit plus. Entre les caméras et les contrôles, il va falloir que chacun prenne ses responsabilités et fasse preuve de bon sens et de civisme », conclut Thomas Betton.
Pour la Ville, l’enjeu dépasse la seule question des déchets. « La propreté participe directement à l’attractivité de Bagnols-sur-Cèze et à la qualité de vie des habitants », rappelle l’élu.



