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Passe Muraille et l’Agglomération du Gard rhodanien renforcent un partenariat au service de l’insertion

Depuis plus de vingt ans, l’association Passe Muraille accompagne des personnes éloignées de l’emploi à travers des chantiers d’insertion menés sur le territoire. Un travail de terrain que l’Agglomération du Gard rhodanien continue de soutenir, aux côtés de l’État, du Département du Gard et de plusieurs partenaires de l’emploi et de l’action sociale. Ce partenariat a été mis en lumière à l’occasion d’une visite de chantiers organisée à Saint-Alexandre et Carsan.

Pour Christophe Serre, président de l’Agglomération du Gard rhodanien depuis le 7 avril, ce rendez-vous avait une dimension particulière. « C’est une première pour moi », a-t-il souligné, rappelant que l’insertion par l’activité économique est suivie par l’Agglomération depuis plus d’un mandat. Chaque année, environ 90 personnes sont accompagnées sur le territoire, à travers des travaux d’entretien, de rénovation ou de mise en valeur du patrimoine communal, réalisés dans les 44 communes de l’intercommunalité.

À Saint-Alexandre comme à Carsan, les élus ont pu mesurer concrètement l’apport de ces chantiers. À Saint-Alexandre, le maire Benjamin Roca a rappelé la collaboration engagée depuis plusieurs années avec Passe Muraille, notamment autour de la mise en valeur du patrimoine et de l’espace public. Après une intervention en 2025 sur le canal de la source du lavoir, route de Carsan, l’association travaille cette année sur un mur communal. « L’insertion professionnelle, on y croit », a-t-il insisté, précisant que la commune a déjà accueilli trois salariés de Passe Muraille au sein de la collectivité.

À Carsan, la maire Brigitte Vandemeuleubroucke a également salué un partenariat ancien. La commune avait déjà fait appel à Passe Muraille il y a plus de dix ans pour la réalisation de la salle du conseil municipal. Ces dernières années, les équipes interviennent sur l’abri de la source alimentant la fontaine du village, un muret en pierre le long de la D306 et un escalier offrant une vue sur la campagne environnante. « Ce n’est pas réaliser des travaux à bas coût, mais permettre aux salariés d’avoir un support de savoir-faire et de savoir-être », a-t-elle rappelé, saluant un travail « soigné, digne de grands professionnels ».

Élus et représentants de Passe Muraille posent fièrement devant l’abribus construit par les salariés des chantiers d’insertion

Créé en 2002 avec un premier chantier, le dispositif a franchi une nouvelle étape en 2013 lorsque l’Agglomération est devenue maître d’ouvrage. Aujourd’hui, Passe Muraille mobilise 40 postes en CDDI, destinés notamment à des allocataires du RSA, des jeunes de moins de 26 ans, des demandeurs d’emploi ou des personnes en situation de handicap. Quatre équipes de huit à neuf salariés interviennent dans le bâtiment et les espaces verts, tandis qu’une équipe est dédiée à la communication et à la fabrique numérique. Neuf personnes assurent l’encadrement. Les salariés travaillent 26 heures par semaine, dans une logique de chantier-formation.

« Le partenariat entre l’Agglomération, le Département, l’État et Passe Muraille est parfaitement exemplaire », a souligné Pierre Plancheron, directeur de l’association. Selon lui, les enjeux ont évolué : l’insertion ne peut plus se limiter aux seuls travaux d’entretien ou de rénovation. Le développement économique du territoire impose d’élargir les compétences, de diversifier les réalisations et d’adapter les parcours. « On dépasse largement la relation client-fournisseur. On réfléchit ensemble pour ajuster au mieux les actions, les chantiers et les demandes des communes », a-t-il expliqué.

Cette diversification s’incarne notamment dans la fabrique numérique, qui permet d’ouvrir d’autres perspectives professionnelles. Christophe Serre a insisté sur ce point, rappelant que l’Agglomération intervient aussi dans l’attractivité économique du territoire. Il a évoqué l’arrivée de MGH Energy sur la friche d’Arcelor à Laudun-l’Ardoise, avec 400 emplois nécessaires à partir de 2028 pour la construction du site, puis 250 emplois pour le faire vivre. Il a également cité les perspectives autour de Marcoule, des SMR, du Tricastin et de la seconde paire d’EPR2. « Il n’y a pas de sous-métiers, tout est à valoriser », a-t-il affirmé, voyant dans ces projets un bassin d’emploi utile pour les personnes en reconversion.

Cécile Arroyas, Rémi Nicolas et Christophe Serre

Rémi Nicolas, vice-président du Conseil départemental du Gard en charge de l’insertion, a rappelé l’importance de ces dispositifs dans un département confronté à une forte précarité. Le Gard est, selon lui, le sixième département le plus pauvre de France, avec plusieurs milliers de bénéficiaires du RSA. Le Département consacre 6 millions d’euros à l’insertion par l’activité professionnelle. « Il est important de mesurer comment sont utilisées les subventions sur le terrain », a-t-il indiqué. Il a aussi insisté sur les parcours individuels, parfois marqués par des problèmes de santé, de mobilité ou de famille. « On ouvre des passe-murailles pour franchir ces murs qui s’élèvent devant nous », a-t-il résumé.

Même message du côté de l’État. Cécile Arroyas, déléguée du préfet du Gard, a qualifié l’insertion de « maillon essentiel » de la politique de l’emploi. Elle a rappelé que cette responsabilité est portée collectivement, grâce à la complémentarité entre les acteurs. L’État entend poursuivre son soutien à l’accès à l’emploi, à l’inclusion des publics et à la montée en compétence. Au-delà des financements, elle a invité à porter attention « aux visages, aux parcours, aux individualités et aux réussites humaines » que représentent les salariés.

Ces réussites, Anne, coordinatrice de Passe Muraille, les voit au quotidien. Elle a salué les salariés, « au cœur des chantiers », rappelant que chaque intervention raconte aussi une histoire humaine. « Des femmes et des hommes ont choisi de reprendre un chemin parfois difficile, de retrouver confiance et dignité, d’apprendre, de persévérer et de croire en leurs capacités », a-t-elle déclaré.

Le témoignage d’Estelle, salariée de l’atelier communication, a illustré cette réalité. Arrivée il y a un an, elle vivait ce jour-là son dernier jour au sein de Passe Muraille. Après plusieurs années sans emploi, elle explique avoir retrouvé un équilibre personnel et professionnel grâce à l’association. Ancienne journaliste en Russie, arrivée en France en 2016, elle a dû « recommencer de zéro ». Après plusieurs expériences, elle a renoué avec son envie de création, suivi une formation d’illustratrice de bande dessinée, réalisé un stage dans une librairie de Pont-Saint-Esprit et présenté une première exposition. Elle s’apprête désormais à déménager à Lyon, avec le projet de travailler à temps partiel comme auxiliaire de vie tout en développant son activité créative. « Un grand merci à Passe Muraille de m’avoir permis cela », a-t-elle confié.

Autour de Passe Muraille, de nombreux partenaires participent à l’accompagnement des publics : France Travail, la Mission locale jeunes, les CCAS, Riposte, Mosaïque en Cèze ou encore le CFFM. Le financement repose sur l’Europe, le Département du Gard, l’Agglomération du Gard rhodanien et les collectivités locales. Pour Sylvie Barrieu-Vignal, maire de Saint-Laurent-des-Arbres, très impliquée dans les réunions de programmation, ces chantiers laissent « une empreinte durable sur le territoire » tout en permettant à des compétences de se reconstruire.

À travers ce partenariat, l’Agglomération du Gard rhodanien, Passe Muraille et leurs partenaires entendent poursuivre une ambition commune : permettre à des personnes fragilisées de remettre le pied à l’étrier, tout en répondant aux besoins concrets des communes. Un dispositif à la croisée de l’insertion, de la formation, du patrimoine et du développement économique local.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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