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Pont-Saint-Esprit : la digue sécurisée pour mieux protéger la ville face aux crues du Rhône

À Pont-Saint-Esprit, la digue rénovée a été officiellement inaugurée au terme d’un chantier d’envergure mené par le syndicat ABCèze entre août 2025 et avril 2026. Un ouvrage aussi stratégique que symbolique pour la commune, dont une partie du centre ancien reste directement exposée aux crues du Rhône.

Sur 1,4 km, les digues du centre ancien et des Tuillères ont fait l’objet d’importants travaux de sécurisation. L’objectif : protéger près de 300 habitants et 130 bâtiments jusqu’à une crue d’occurrence centennale, c’est-à-dire un événement ayant 1 % de probabilité de se produire chaque année. Le montant total de l’opération s’élève à 2 277 298 € HT, subventionné à hauteur de 80 %.  

Pour Valère Segal, maire de Pont-Saint-Esprit, cette inauguration ne marque pas seulement la fin d’un chantier technique. Elle symbolise aussi la volonté de « réappropriation du Rhône et des berges » par les Spiripontains. « Nous ne célébrons pas seulement un ouvrage destiné à nous protéger des caprices du fleuve. Nous célébrons aussi la mise en valeur d’un patrimoine exceptionnel », a-t-il souligné, rappelant que la digue constitue l’une des premières images offertes aux visiteurs arrivant par le pont médiéval ou le pont moderne.

Président du syndicat ABCèze, Benoît Trichot a rappelé l’histoire de ces ouvrages construits après la grande crue de 1840. Depuis, les digues ont protégé la ville lors de plusieurs épisodes majeurs, mais leur état s’était fortement dégradé. Les études lancées après la reprise de leur gestion par ABCèze en 2018 avaient révélé un risque de rupture élevé. « Avant les travaux, le niveau de protection était triennal. Aujourd’hui, il est porté à une crue centennale », a-t-il expliqué.

Les travaux ont notamment consisté à renforcer le pied de digue par des enrochements, injecter de la résine dans les maçonneries, poser des tirants pour améliorer la stabilité, restaurer des galeries traversantes et installer des clapets anti-retour afin d’éviter la remontée du Rhône dans la ville. Sur la digue des Tuillères, les fissures ont été colmatées, des puits de décompression réalisés et la porte des Jardins remplacée par un dispositif plus étanche.

Christophe Serre, président de l’Agglomération du Gard rhodanien et premier vice-président du Département, a insisté sur le rôle de la taxe GEMAPI et sur la solidarité entre communes. « La solidarité permet à une commune de réaliser des travaux qu’elle n’aurait pas pu porter seule », a-t-il rappelé.

Même message du côté du Département et de la Région, représentés par Carole Bergeri et Claire Lapeyronie, qui ont chacun participé à hauteur de 20 % au financement du chantier. Toutes deux ont souligné l’importance d’investir dès aujourd’hui face à l’aggravation des risques naturels.

Le préfet du Gard, Jérôme Bonet, a salué « un chantier d’envergure » et la conscience du risque portée localement. Il a toutefois rappelé qu’une digue renforcée n’offre jamais un droit supplémentaire à construire ni une garantie absolue. Un message de vigilance partagé par l’ensemble des intervenants : face au Rhône, la protection progresse, mais la prudence reste indispensable.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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