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HBGR – NATIONAL 2 Patrice Attard : « L’objectif, c’est de gagner le plus de matchs possible »


Après une première sortie en Coupe de France le week-end dernier, le HBGR entre véritablement dans sa saison 2026-2027 ce samedi avec le lancement du championnat de Nationale 2. Avant ce premier rendez-vous, en déplacement à Grenoble, Patrice Attard, président du club bagnolais, fait le point sur les ambitions du HBGR, profondément renouvelé durant l’intersaison. Entre jeunesse, reconstruction, fidélisation du public, formation et enjeux économiques, le dirigeant veut avant tout voir naître une équipe dans laquelle Bagnols-sur-Cèze pourra se reconnaître.

Patrice Attard, avec quels objectifs le HBGR aborde-t-il cette nouvelle saison de Nationale 2 ?

L’objectif, c’est de gagner le plus de matchs possible ! Plus sérieusement, nous voulons prendre du plaisir, que le public se retrouve dans cette équipe et, bien évidemment, gagner des matchs, surtout à Bagnols. Nous sommes tous des compétiteurs. Mais nous n’avons pas fixé d’objectif chiffré.

Il faut aussi prendre en compte que nous démarrons un nouveau cycle. Nous avons enregistré sept départs et sept arrivées, avec notamment des joueurs qui ne connaissent pas encore ce niveau. Il va falloir trouver le bon rythme et créer un véritable amalgame. Cela prendra forcément un peu de temps.

L’effectif ne sera d’ailleurs pas immédiatement au complet…

Non. Il y a notamment la réglementation concernant le nombre de joueurs mutés. Pour les deux premiers matchs, Raphaël Gessan ne pourra pas forcément disposer de tout son groupe et devra effectuer certains choix. Nous faisons le nécessaire pour que tout le monde soit qualifié et nous pensons pouvoir disposer de l’ensemble de l’effectif à partir du troisième match.

La préparation a été particulièrement intense cet été ?

Les joueurs ont repris au début du mois d’août et se sont entraînés tous les jours pendant pratiquement tout le mois. Depuis cette semaine, nous sommes revenus sur un rythme de quatre séances hebdomadaires, avec également du travail en musculation.

Nous sommes encore dans une phase de construction. La Coupe de France faisait d’ailleurs partie de cette préparation. Nous avons perdu aux tirs au but à Loriol, mais la veille nous avions disputé un match d’entraînement très poussé face à Nîmes. Certains joueurs étaient ensuite au repos. Si notre priorité avait été uniquement de gagner ce match de Coupe, nous n’aurions évidemment pas joué la veille.

Nous savons que nous ne gagnerons pas la Coupe de France. Notre objectif est de monter progressivement en puissance pour le championnat.

Malgré les nombreux changements, qu’est-ce qui vous satisfait le plus dans ce groupe ?

L’état d’esprit. Depuis le mois d’août, c’est vraiment ce qui ressort. Les nouveaux se sont totalement intégrés. Ils sont demandeurs, ils veulent apprendre et travailler. C’est aussi pour cela qu’ils ont été recrutés.

Je pense également que nous avons construit un groupe équilibré. Maintenant, avec autant de nouveaux joueurs, dont certains découvrent la Nationale 2, il faudra être patient avant que l’équipe puisse pleinement performer.

L’année dernière, nous avions perdu nos trois premiers matchs et cela ne nous avait pas empêchés de terminer troisièmes. C’était un très beau résultat. Cette saison, cela prendra peut-être encore un peu de temps. Raphaël a le temps de construire cette équipe, de travailler les combinaisons et d’en faire un véritable collectif.

Cette patience sera donc importante, même en cas de début de championnat compliqué ?

Bien sûr. Ce n’est pas parce que l’on perd éventuellement trois ou quatre matchs que tout doit s’arrêter de tourner. Ce qui compte, c’est de voir une équipe qui progresse, qui travaille et qui s’investit.

Nous avons un groupe très jeune. Nous voulons évidemment assurer notre maintien, mais nous avons aussi des ambitions. Je le répète : nous voulons gagner le plus de matchs possible.

Ce qui me rassure aujourd’hui, c’est que je vois des joueurs qui s’investissent pleinement et qui ne trichent pas. Pour moi, c’est fondamental. Plus vite nous gagnerons, mieux ce sera, car les victoires apportent de la confiance.

La saison dernière, le public avait progressivement retrouvé le chemin de la salle. Comment conserver cet engouement ?

Pour qu’un public revienne, il faut qu’il puisse s’identifier aux joueurs. C’est quelque chose de très important dans notre recrutement. Nous voulons des bagarreurs, des joueurs qui mouillent le maillot et défendent réellement nos couleurs.

Quand vous ajoutez les résultats à cela, l’adhésion devient naturelle. Les gens veulent voir un projet collectif et des joueurs qui ne trichent pas.

Nous avions régulièrement entre 300 et 400 personnes autour des matchs la saison passée, partenaires compris. Il existe un véritable engouement pour le handball à Bagnols. Nous avons même déjà accueilli autour de 800 personnes lors de grandes rencontres. Il y a donc un potentiel.

Mais il faut gagner. Les gens peuvent apprécier l’état d’esprit et le combat, mais les victoires restent indispensables pour fédérer et fidéliser.

Le HBGR, ce n’est évidemment pas uniquement l’équipe première…

Non, loin de là. Nous étions autour de 300 licenciés la saison dernière et nous avons une douzaine d’entraîneurs et éducateurs. C’est un grand club et une belle famille.

Nos jeunes ont obtenu de très bons résultats, notamment chez les moins de 15 et moins de 17 ans dans le cadre de nos partenariats. Nous avons aussi mis en place une structure permettant aux meilleurs jeunes de s’entraîner jusqu’à quatre fois par semaine.

Nous avons une très belle génération de moins de 17 ans qui arrive. Certains jeunes ont rejoint des pôles sportifs. Notre philosophie, c’est de leur donner sur le territoire les moyens de progresser et de ne pas être obligés de partir trop tôt.

Évidemment, lorsqu’un jeune est très fort et qu’il a la possibilité de rejoindre une structure supérieure, c’est normal qu’il puisse le faire. Nous voulons simplement lui donner ici les bases permettant, pourquoi pas, d’aller ensuite vers le professionnalisme.

Il existe tout de même une difficulté propre au territoire pour conserver ces jeunes…

Oui, parce qu’à 18 ans, après le bac, beaucoup doivent partir de Bagnols pour poursuivre leurs études. C’est une véritable problématique. Cela dépasse d’ailleurs largement le cadre du handball.

Vous présidez un club de près de 300 licenciés. Est-il encore possible de conserver cet esprit familial ?

C’est la passion qui nous anime. Mais cela devient de plus en plus compliqué.

Le bénévolat s’essouffle en France. Le phénomène existait déjà et il s’est encore accentué après le Covid. Il faudra peut-être réfléchir, dans les années qui viennent, à la condition du bénévole et à la manière de donner envie à davantage de personnes de s’engager.

Un club sans bénévoles ne peut pas vivre. Et lorsqu’on évolue au niveau national, comme nous, il y a un cahier des charges très strict : table de marque, sécurité et énormément d’autres obligations.

Nous devons donc trouver de nouvelles idées tout en conservant cet esprit familial qui fait notre force.

Autre pilier du HBGR, les partenaires. Ressentez-vous les difficultés économiques actuelles ?

Très clairement. Nous avons la chance d’avoir beaucoup de partenaires fidèles depuis plusieurs années, mais cette saison est difficile.

Les entreprises manquent de visibilité économique. Nous sommes également dans une année particulière et, lorsqu’un chef d’entreprise doit effectuer des choix en matière de mécénat ou de partenariat, il réfléchit forcément davantage. Les budgets sont réduits ou parfois différés.

Ce n’est pas uniquement un problème du HBGR ou de Bagnols. Tous les sports et tous les clubs sont confrontés à cette réalité.

Comment convaincre malgré tout une entreprise de continuer à accompagner le HBGR ?

Il faut lui apporter quelque chose. Bien sûr de la visibilité, et nous allons notamment fortement améliorer notre espace VIP cette saison.

Mais le plus important est ailleurs : il faut que le partenaire se reconnaisse dans les valeurs du club. Lorsqu’il vient voir un match, il doit voir un joueur engagé qui ne triche pas.

Une entreprise peut choisir d’aider le handball, le rugby, le football ou un autre sport. À un moment donné, elle ira vers le club dans lequel elle se reconnaît le plus en termes de valeurs, de partage et de relations humaines.

Si un partenaire retrouve dans un club les valeurs qu’il souhaite lui-même transmettre dans son entreprise, alors nous avons gagné quelque chose de très important.

Le sérieux du HBGR constitue aussi un argument lors du recrutement ?

Oui. Quand nous discutons avec un joueur, l’un des premiers arguments est simple : nous tenons nos engagements.

Dans ce milieu, tout le monde se parle. Lorsqu’on prend un engagement, on le respecte. C’est fondamental.

Nous expliquons aussi aux joueurs qu’ils vont pouvoir progresser ici, qu’il existe une notion de plaisir, de partage et d’identification à un territoire. Plusieurs joueurs passés par Bagnols ont ensuite évolué plus haut.

Mais nous sommes aussi là pour performer. Vous pouvez avoir le meilleur état d’esprit du monde, si vous perdez tous les week-ends, cela finit forcément par devenir compliqué. Le président, le manager et les joueurs veulent tous gagner.

Après plus de vingt ans à l’échelon national, le HBGR semble malgré tout être durablement installé dans le paysage…

Cela fait effectivement plus de vingt ans que le club évolue entre Nationale 1 et Nationale 2. C’est un combat permanent.

Cette année encore, nous avons perdu sept très bons joueurs, dont certains de nos principaux buteurs, mais nous avons recruté des profils très intéressants. Certains arrivent de l’étage inférieur avec beaucoup de potentiel, nous avons également renforcé certains postes avec des joueurs expérimentés et nous avons des jeunes qui vont monter progressivement en puissance.

Il y a forcément une part d’incertitude. Mais Raphaël Geslan a du temps pour travailler avec cet effectif. Le projet ne se juge pas sur deux rencontres.

Ce samedi à Grenoble, nous allons donc y aller en conquérants. Nous savons que c’est une équipe annoncée solide, mais nous ne sommes pas là pour être spectateurs. Nous voulons commencer à construire notre saison.

Et plus tôt nous gagnerons, mieux ce sera.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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