Rochefort-du-Gard : une réorganisation générale des services municipaux pour plus d’efficacité et de simplicité

Nommé directeur général des services (DGS) de la mairie de Rochefort-du-Gard en novembre 2024, Lionel Lavergne a initié un diagnostic complet de la collectivité. Objectif : réorganiser profondément les services municipaux pour gagner en efficacité, maîtriser les dépenses publiques et améliorer la qualité de service aux usagers. Une approche résolument globale et transversale, qui entrera concrètement en action dès cet été.
« Ce ne sera pas une retouche, mais une réorganisation générale. » Lionel Lavergne, nouveau DGS de Rochefort-du-Gard, pose d’emblée le cadre. « J’insiste sur “générale” : les sujets sont interconnectés. Il faut donc une réponse cohérente, systémique. » Fort de plusieurs expériences similaires dans d’autres collectivités, il livre un constat sans détour : « La ville a connu une croissance importante, passant de 4 000 à plus de 8 500 habitants. Or l’organisation actuelle des services semble issue d’un empilement historique, adapté à une ville bien plus petite. »
Une réorganisation pensée pour trois publics : les usagers, les élus, les agents
La réforme s’articule autour de trois axes prioritaires : l’amélioration de l’accueil et des services rendus aux administrés, une organisation municipale plus efficiente, et une reconnaissance renforcée pour les agents.
Pour les habitants, la mesure la plus visible sera la mise en place, dès l’été 2025, d’un guichet unique centralisé et numérique. Fini les allers-retours entre différents bâtiments pour obtenir un renseignement ou déposer un document : trois agents polyvalents, formés sur tous les sujets municipaux (urbanisme, enfance, état civil, services techniques, etc.), accueilleront le public au sein d’un espace unique. « Ce premier niveau de réponse évitera aux administrés d’être renvoyés de service en service, ce qui était le cas jusqu’à présent. » Une assistance numérique permanente sera également mise en place, pour accompagner les usagers dans toutes leurs démarches en ligne, qu’elles relèvent de la mairie ou d’autres institutions (impôts, CAF, etc.).
Pour les élus, cette réorganisation s’inscrit aussi dans un cadre politique clair : « maîtriser les dépenses publiques pour, à terme, poursuivre et accentuer la baisse des impôts », indique le DGS. En rationalisant le fonctionnement municipal, en évitant les doublons et en optimisant les ressources humaines, les économies générées doivent profiter à tous. « Ce que nous économisons, nous souhaitons en partie le redistribuer aux agents, et en partie le réinjecter au bénéfice des habitants. »
Pour les agents, cette réforme est aussi une opportunité. Appels à candidatures internes, mobilité, formations, prise de responsabilités… « Ce n’est pas une réorganisation punitive, c’est une dynamique gagnant-gagnant. Les agents sont associés via six groupes de travail et auront la possibilité d’évoluer dans de nouvelles fonctions. » Une politique salariale revalorisée accompagnera ces changements : « On ne peut pas demander de nouvelles responsabilités sans revalorisation. »
Police municipale, astreintes, organigramme : de multiples leviers d’action
La réforme ne se limite pas à la création du guichet unique. D’autres mesures opérationnelles sont en cours ou à l’étude :
- Renforcement des astreintes : la mairie souhaite instaurer un binôme élu-agent technique d’astreinte le week-end, pour garantir une réponse rapide aux incidents (voirie, matériel, etc.).
- Nouvelle présence policière : une modulation horaire permettra à la police municipale d’être présente de façon aléatoire les samedis et dimanches, notamment sur les marchés ou les événements.
- Révision de l’organigramme : actuellement composé de 13 services parfois unipersonnels, l’organigramme évoluera vers 5 ou 6 pôles transversaux (ressources internes, festivités, etc.). Objectif : sortir du cloisonnement et favoriser les synergies.
- Création d’un service juridique interne : pour mieux sécuriser les actes administratifs, anticiper les risques contentieux et accompagner élus comme agents dans un contexte de judiciarisation croissante.
Une méthode participative et un calendrier clair
Pour éviter une réforme descendante, Lionel Lavergne a privilégié une démarche participative. Six groupes de travail associant chefs de service et agents volontaires ont été constitués (guichet unique, organigramme, astreintes, politique salariale, etc.). Leurs conclusions seront restituées fin juin, avant validation par les élus début juillet. « À la rentrée, je réunirai à nouveau tout le personnel ainsi que les syndicats pour présenter les décisions. »
Dès cet été, plusieurs changements seront visibles, notamment la centralisation progressive de l’accueil. En revanche, pas de communication institutionnelle prévue avant les élections municipales de 2026 : « C’est une organisation interne avant tout, pas une opération de communication. »
Économies déjà perceptibles
Les premiers effets de la réorganisation sont déjà mesurables. Grâce à une meilleure gestion des remplacements et à l’ajustement des horaires, environ 100 000 à 150 000 euros d’économies sur la masse salariale ont été réalisés. « Ce n’est pas une coupe budgétaire brutale, c’est une optimisation des ressources. »



